‹ La Philosophie Du Catéchisme CatholiqueChapitre 202 sur 230 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Que les progrès réels des nations protestantes dans i*ordre matériel n'ont rien qui doif e eiciter l'enTie des nations catholiques.

D. Yoas avouez, toutefois, que, dans l'ordre matériel, il y a eu réellement progrès, et que les enfants de la Réforme ont développé plus d'activité et d'intelligence dans les affaires de la vie présente. Or pourquoi n'y aurait-il pas là un objet de louable émulation pour les nations catholiques?

B. Expliquons d'abord la supériorité agricole, manufacturière, commerciale, financière, qu'on nous vante, avec plus ou moins de raison, dans les État? en majorité protestants, tels que l'Angleterre, les États-Uni», la Hollande.

Les hommes sont généralement passionnés pour la richesse, pour tout ce qui contribue à embellir leur existence terrestre. Si rien dans leur amené fait contre-poids à cette inclination, ils s'y livreront tout entiers, et vous verrez des merveilles.

L'unique contre-poids à la passion des richesses, c'est la foi, mais la foi vive, aux trésors éternels qui sont à Vahri de la main des voleurs et des corrosions des teignes et de la rouille; c'est la foi vive et pratique aux obligations que la richesse impose à celui qui la possède, s'il veutéviter les horreurs d'une éternelle indigence et le sort du mauvais riche. Otez cette foi vive qui lie les âmes, et donnez à chacun le droit de se faire sa foi religieuse, ou conûez le soin de prêcher rÉvangile à des officiers en habit noir de sa majesté le roi ou la reine ; il arrivera infailliblement que les maximes de Jésus-Christ sur l'esprit de désintéressement et de charité, que ses anathèmes contre les excès de l'avarice et du luxe, deviendront une lettre morte, un non-sens. La pauvreté sera réputée le vice des vices, et il n'y aura pas d'autre religion commune que celle de l'or.

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