‹ La Philosophie Du Catéchisme CatholiqueChapitre 217 sur 230 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

des Doms d'bommes ou de femmes qui reviennent toujours: Photins, Luther, Calvin, Zwingle, Elisabeth, etc. Il n'en fant pas davantage pour appeler Texamen , et il est impossible qu*un examen consciencieux n'élargisse pas la plaie du doute.

L'enfant du schisme et de Vhérésie cherchera*t-il un calmant dans lautorité de ses aïeux , dans la maxime : Chacun doit suivre la religion de ses pères ? — Outre que cette maxime serait plaisante dans la bouche d*un disciple de la liberté d'examen, l'histoire lui dira que les pères des premiers protestants étaient catholiques , et que les protei^ tants du dix-neuvième siècle sont loin de la religion de leurs pères protestants du seizième (I). La conscience chrétienne lui dira aussi : « Au jour qui décidera de ton sort étemel, tu seras jugé, non par tes pères ou d'après le dire de tes pères, mais par Jésus-Christ et d'après sa maxime : Celui qui aime son père ou sa mère plus que mot, n'est pas digne de moi (2). — En désertant la religion de tes ancêtres, tu ne les condamnes pas : Jésus-Christ les a jugés d'après leurs lumières, comme il te jugera d'après les tiennes. La bonne foi , qui a pu leur faire trouver grâce devant lui n'existe plus pour toi , puisque tu es déchiré par le doute. En méprisant la voix qui t'appelle des ténèbres à la lumière, tu encourrais la réprobation, non- seulement de Jésus-Christ et de tes pères, mais encore de ta propre conscience. »

Tiendra-t-il le langage que vous lui prêtez : « La vie est trop courte, sa fin trop incertaine, pour que je me hasarde h chercher une autre religion que celle de mon enfance ? » — La conscience lui répondra encore : « La vie du temps n'a qu'un but : le salut étemel ; et l'affaire essentielle ici- Ci) « Je n'aime pas les hommes qui changent de religion, » disait en ISOi un prince allemand au comte de Stolberg. — « Je les aime tout aussi peu ; répliqua l'illustre conirerU» « car trois siècles après eux , ils obligent encore leurs descendants à en changer. >« (2) S. Matthieu, X, 37.

bas est d'entrer dans la voie ouverte par le Sauveur des âmes. La difficulté de discerner cette voie des mille sentiers de Terreur, fùt-elle aussi grande qu'elle l'est peu pour les âmes droites et désireuses de la vérité, tu devrais l'aborder avec courage et avec une confiance filiale dans le Bon Pasteur qui a livré $a vie pour ses brebis, et qui laisse les quatre^ingt-diayneuf qui marchent droit pour courir apri$ celle qui s'est égarée. Pour ceux qui naissent^ comme toi, loin du troupeau des brebis fidèles, Tessentiel est que la mort les trouve, sinon dans le bercail , du moins sur la route qui y conduit. Après la foi vivifiée par la cbarité , ce qui sauve de la perdition , c'est un désir sincère de la foi prouvé par les oeuvres. »

Peut-être trouverez-vous que j'en ai assez dit pour établir que mon premier moyen économique n'a pas l'inconvénient que vous avez cru y voir?

D. Oui, et je suis curieux de vous entendre sur l'autre moyen économique.

B. J'ai dit que ce moyen consiste à laisser aux objections contre la religion catholique la charge de se résoudre et de se détruire elles-mêmes par leur triomphe. Mais ce moyen n'appartient qu à Dieu, qui seul peut, dans les conseils de sa justice et de sa sagesse, permettre le triomphe momentané de l'erreur et du mal. Et encore il n'emploie ce moyen qu'à l'extrémité. En effet, il suscite des hommes puissants en parole et en œuvres pour confondre les discours de Terreur, tant que ceux-ci sont l'oeuvre du petit nombre, et que l'ignorance et Tirréflexion y ont plus de part que la perversité.

Mais quand la voix des ennemis de la parole divine parvient à couvrir la voix des ministres du ciel ; quand l'orgueil des incrédules, exalté par le nombre et les applaudissements de ceux qui les écoutent, ne garde plus de mesure, et que l'oreille des masses est assourdie par des millions d'^hos qui leur redisent : « Laissez les prêtres rabàdier dans les solitudes du sanctuaire des dogmes surannés, ridi-

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