‹ La Philosophie Du Catéchisme CatholiqueChapitre 218 sur 230 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

cules, absurdes, barbares, opposés à tout pn^rès : venez à nous, aidez- nous à conquérir le pouvoir, et nous ferons succéder la lumière aux ténèbres, la liberté et le bonbeur à Tesclavage et aux angoisses de la superstition ! » quand , dis-je, les classes lettrées , qui sont la tête des peuples, tiennent généralement ce langage, il y a une sorte de né* cessité pour Dieu de dire : « Eh bien, soit ! vous avez tant d'années pour répandre à pleines mains sur les peuples vos lumières, vos libertés, votre bonheur. »

Alors, le souffle des révolutions emporte, comme une paille légère, ce qui s*oppose au gouvernement des classes soi-disant éclairées. Tous les moyens de propagande sont entre leurs mains. S'il est encore permis à la religion de réunir ses croyants dans le lieu saint, de porter ses consolations aux malades, elle devra s'en tenir là et laisser à rincrédulité le soin d'élever les jeunes générations. Les masses entrent en grande partie dans le mouvement; elles abandonnent le catéchisme pour le journal, Téglise pour le club et le cabaret; le jour du Seigneur est donné au travail ou à la débauche. Les ministres de Jésus-Christ et les âmes fidèles sont dans le gémissement et les larmes. Les partisans du progrès philosophique rayonnent de joie et s'écrient : 1^ Courage ! la lumière se Mt, les peuples nous arrivent, nous allons assister aux obsèques du grand culte ! »

Oui, la lumière s'est faite dans la partie remuante des masses. Le peuple des révolutions n'a pas eu besoin de longs raisonnements pour saisir le dernier mot de toutes les objections contre la religion catholique. — « La religion sacerdotale, qui demande à gouverner notre àme au nom de Dieu, est bien, comme on nous l'a dépeinte, une œuvre de ténèbres, un instrument d'oppression. Mais la religion politique de l'ordre, que veulent conserver les aristocrates, pour nous museler avec leurs lois et leur pouvoir, et pour nous dépouiller des biens de ce monde avec leur droit de propriété, est tout aussi absurde et encore plus inhumaine.

Finissons-en donc une bonne fois avec ces deux classes d'oppresseurs de rhumanité ! »

Et aussitôt des armées nombreuses de pillards, d'incendiaires, d'égorgeurs, s'organisent dans l'ombre avec mie célérité et un ensemble incroyables. Que Dieu, alors, ne juge pas à propos de suspendre l'exécution pour donner à la menace le temps de produire le repentir ou l'endurcissement ; qu'arrivera-t-il ? — Les masses d'objections que l'incrédulité a répandues comme un épais nuage entre le soleil catholique et l'âme des peuples , vont donner ce qu'elles portent dans leurs flancs , vont se résoudre en une pluie de soufre et de feu. Ceux qni ont travaillé et applaudi au triomphe de Terreur, qui ont livré aux dérisions des peuples la religion du ciel comme une œuvre de sottise et de barbarie, pris dans leurs propres filets, précipités dans la fosse creusée par leurs mains (l), lèveront des mains suppliantes, pousseront des cris déchirants vers le ciel, invoqueront celui qu'ils ont blasphémé, ou sécheront de frayeur. La terre^ qu'ils ont voulu priver de la science de Dieuj n'est plus qu'un lieu de malédiction, de carnage, de voly d'outrages à la pudeur, et le sang y touche le sang (2).

Ce remède ne vous parait-il pas le plus court , le plus efficace contre le déluge des objections et des blasphèmes, quand il menace de submerger les élus eux-mêmes ?

D. Oui, certes, mettre le feu aux quatre coins d'un pays et livrer au fer ceux qui échapperont aux flammes , ce serait en finir radicalement, et avec les objections, et avec ceux qui les propagent, qui les écoutent, et avec ceux qui les combattent.

R. Tel serait, en effet, le résultat infaillible du triomphe définitif des objections contre la religion divine. Celle-ci étant la loi de vie, l'objection qui tend à la détruire ne peut triompher sans enfanter la mort. Le péché ^ quand il

(1) F», vu, 16, 17. — P8. IX, 16.

(2) osée, IV, 1, 2.

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