LIVRE f. dd
mêmes ; telle est la robe nuptiale qai donne entrée auà noces de VÀgneau, au banquet et aux fêtes qui dureront autant que Dieu. Qui ne Taura pas sera jeté dans les tènè' bte$ extérieures, ùû il n*y aura que pleuré et grincements de dents {{).
L'enfer, le terrible enfer nous menace tous , ceuit-l^ encore plus que les autres à qui la Sagesse étemelle dit i Prêtez r oreille, vous qui gouvernez Us peuples et vous enorgueillissez de ta multitude des nations... Un jugement rigoureux attend ceux qui commandent. La misèrîcotdè sera pour le petit, mais les puissants seront puissamment tourmentés ; car le Seigneur de tous n^ épargnera personne et ne craindra la grandeur d'aucUnj attendu qu'il a fait le petit et le grand et qu'il prend également soin de tous (2). Et pour être enseveli à jamais dans le feu qui né s'éteint pas, il n'est nullement nécessaire d'avoir, comme les damnés dé la fable, dérobé le feu du ciel ou tenté Tenlèvement d'iine déesse (Prométhée, Thésée) ; il suffit, nous dit Jésus-Gbrist, d'avoir vécu, comme le mauvais riche, dans les recherches du luxe et dans Tinsensibilité pour les malheureux (3).
Voilà les convictions qu'il fallait implanter fortement dans les âmes pour y opérer Tétrange révolution quéi voici : — A l'homme barbare qui s'adorait lui-même et sacrifiait au culte de ses passions les sueurs et le sang de ses semblables , le christianisme a substitué l'homme civilisé et civilisateur qui, n'adorant que Dieu, et réduisant son corps en servitude, consacre à la charité ce qu'il refuse à ses propres convoitises, et ne voit dans les dons de la nature et de la fortune qu'un moyen de procurer la gloire de Dieu et le bien de ses frères.
Croyez -le bien , sans cette foi vive et inébranlable à l'adoption des hommes par Jésus-Christ et à Tinanité des biens et des maux de cette vie, comparés aux biens et aux
(i) Saint Matthieu, XXHI, 12, l3.
(3) Sagesse^ VI, 3-8.
(9) Saint LUC, XVI» 19*31.
100 LA piiilosoimiif: du catéchismi:; catholique.
maux qui nous atlondent au delà ; sans cette foi , dis-je, rhomme ne sort pas du culte égoïste de sa personne; il reste ce que Plante l'a défini: Un loup pour ses semblables {l)f et sa civilisation n'est qu'un raffinement de barbarie.
D. La foi i\ l'avenir que nous prêche l'Évangile est sans doute un des puissants leviers de la civilisation ; mais, si l'on n'employait que celui-là, n'en résulterait-il point cette froideur, cette indifférence pour les intérêts teuiporels qu'on reproche avec quelque fondement, ce semble, aux nations trop croyantes ?
R. Je ne vous demanderai pas quels sont, en dehors des données de la foi chrétienne, ces leviers capables , selon TOUS, d'arracher les hommes à l'adoration d'eux-mêmes. J'examinerai ailleurs le reproche adressé aux nations trop croyantes. Je me bornerai, pour le moment, à mettre en lumière ce fait historique : Cest aux générations les plus ardentes par leur foi à Vavenir chrétien et par le mépris du siècle présent, que Vunivers doit les travaux les plus héraiquesy les seuls qui honorent et consolent de tout pmnt V humanité.
Ce sera la matière du chapitre suivant.