CHAPITRE IV
Par qud prodige lésns-ctirist a ruiné la barbarie dans les iiisiitiiUona sociale», et relevé avec éclat tout ce qu'elle avait abaissé.
D. Quel est ce prodige?
R, C'est le choi\ qu'a fait Jésus-Christ de ceux qui s'appelaient le rebut et les balayures du monde (2), [jour déblayer le monde d'un océan d'immondices et y élever une société vraiment nouvelle.
(») lupus est hom'mi homo, non homo. In A.sin. (2) Prem. Ép. aux Corinth,^ IV, 13.
uviie I. i04
On aYiiit tbujoors cra que pour foire de gt^ndéft' ebosen il falittit être grand par l'éclat de la naissance, de la Hefae^se ou du savoir. Quiconque manquait de ces avantages était inexorablement rangé dans cette seconde eàpèee dhommes dont le grand Aristote disait : « Il y a peu de différence entre les services qne l'homme tire de Tesdave et de l'animal. La nature même veut la servitude, puisqu'elle fait let eàrpê de$ hommes libres différents de ceux dés tschfve»^ donnant aux uns la forcé qui convient à leur destination , et aux autres une sialure droite et iletie (1). » Lft même où le peuple était libre , comme chez les Juifs , on ne croyait pas à sa capacité. N'estait pas ïe fils d'un ekarpenUerp et^ de plus, originaire de Nazareth ? disaient de Jésus ceux qui se moquaient de sa mission (2).
Or ce préjugé, qui s'opposait à toute restauration morale et sociale, parce qu'il nourrissait l'orgueil dans les classes supérieures, et l'esprit de bassesse, de servilisme dans les aiaBses, voyez avec quel éclat Jésus-Christ le confond , 1 anéantit à jamais par son exemple et celui des apôtres.
Né lui-même et élevé dans la plus obscure des conditions, c'est dans la moins estimée des bourgades de la plus méprisée des provinces d'un très-petit État qu'il choisit les fondateurs d'un empire devant lequel l'empire des Perses , l'empire d'Alexandre le Grand, l'empire des Romains , ne sont que des jeux d'enfant.
Ces âmes simples et honnêtes, mais d'une intelligence si attardée, qu'après trois années consacrées à leur instruction par 1c plus habile des maîtres y elles ne comprenaient encore rien aux enseignements les plus clairs, Jésus-Christ veut qu'elles soient la lumière du monde^ le sel de la terre. C€s cœurs, d'une faiblesse qui se révèle à la première épreuve par l'apostasie et la désertion , il veut qu'ils dé-
(1) V. les livres de ta Politique, Il suffit des mots que j'ai soulignés pour montrer à quel point Pesclavage grec avait dcnaturc ses tietiineft. (?) Saint Matthieu, XIU, 55. — Saint Jean, 1, 46.
tij/i LA PHILOSOPHIE DU KAtl^ÇHISMH CATHOLIQUE.
jdoîwViiv^ foro§9 HH f^Hurage, m\ hérdiêm inm, n veut
(»uyiw.(t)t Gbo^e digne d'une étemelle ndmirfitkm I sur le mfim^
tliéâtre où U a permis qne l'orgueil des pliarisl^ig et la corpidité de son disciple pr^yaluss^nt coutpe lui| et que Piarr^ le reniât i Jésus^^Clhrlst yeut qpie ce même Pierrf , devenu un modèle d'humilité et de détafibem^t^ se signale par des merveilles supérieures i celles du M^itre. £n effet , tandis qu'une laborieuse évangélisation de trois ans n'a pu réunir autouv de Jésus^Gbrist qu'un petit troupeau qui se diisperse au premier coup de TtHrage, Pierre, en dmx discours , fait huit mille croyants intrépides jusqu'au martyre, Une seule fois, nous voyons une malade guérie par Je contact du vétemmt de Jésus«rCbrist} Vomirê de Pierre guérit des multitudes d'infirmes eiLppsés sur son passage (2).
On voit i<^ un dessein bien arrêté de efianger la prisée des hommes sur la source réelle de la force morale et de la véritable grandeur; dessein que l'Apôtre des nations mprime avec tant d'âiergie : Dieu a chaAii ee qu'il y o 4'tnêmsi dans le monde pour confondre les $age»; U a ehmi ce qu'U y m deplvks faible pour confondre Ub forte ; il a choisi ce qu'il y a de plue bae, de plus méprieeibk, des niante^ pour abatUri eeuso qui eroimi (tre quelque a/ioêe ^ afin que nulle chairne se glorifie devant {m..., et que, aUm qu'U est éeriiy telm qui veut se glorifier ne se glorifie quéi dans le Seigneur {S),
; Dans l'exécution de ce dosseiui ne voye&>vous pas un moyai éminemment propre à rétablir le niveau de la fraternité humaine sous le noble joug de la souveraineté de Dieu?
D. Oui ; confier à des hommes de néant la mission de détrôner Jupiter, Apollon, Mars, Vénus, et d'obliger les dieux
(1) saint Jeao, XIV» fa.
(2) Actes des apétret^ V» id.
(3) Prem. Ép. avx Corinth.^ 1, «7-4 U