LIVRE I
par la parole et Texemple des chrétiens ; 2* qu'ils eussent la volonté de s'instruire de la foi» et le courage de la pra* tiquer et de la confesser.
I^ volonté, bien connue, de Jésus-Christ , d'employer les hommes à la conversion des hommes, exigeait que les conquérants spirituels de Tunivers, tout en portant la bonne nouvelle à Tuniversalité des peuples, s'appliquassent plus spécialement à la conquête d'une r^ion dont ils fissent pour ainsi dire leur camp retranché, leur centre d'opération, le foyer de la lumière apostolique. Celui qui était venu renverser les rôles, mettre les derniers avant les premiers, choisit la famille du cadet Japhet. Delà, de longs, de prodigieux efforts pour christianiser à fond r£urope, et faire de la capitale des anciens spoliateurs et massacreurs des corps le quartier général des divins ravisseurs et bienfiiiteurs des âmes.
Cependant les enfants de Sem et de Cham ne furent pas obligés. Quand nous connaîtrons mieux l'histoire de FAsie (surtout du nord et de Test) depuis l'ère chrétienne, il sera probablement démontré que le prophète de la Mecque n*a pas été le seul, ni peut-être le plus grand destmcteur du christianisme asiatique, et que l'état actuel de rOrient pourrait bien être le châtiment d'une grande apostasie.
D. Quand le fait serait prouvé, s'ensuivrait-il que les générations actuelles des peuples idolâtres sont coupables 4e l'apostasie de leurs ancêtres ?
R. Non, mais il s'ensuivrait que la privation des lumières die l'Évangile, dans ces pauvres idolâtres, serait imputable» Kion à rindifférence de Dieu» mais à la perversité de leurs ^ancêtres, et de plus à la nôtre.
Bien de moins raisonnable que notre manière de juger
Ï>i6u dans le gouvernement providentiel des peuples. £n
^2hoisit-il un en particulier, tel que le peuple juif, pour
^^ncourir à l'œuvre de la rédemption universelle , et, afin
de s'attacher ce peuple, fait-il de son histoire un tissu de
us LA PHILOSOPHIE DU fîiTÉCHISME GATHOLiaUB.
prodige»? Nous disons qu'il eu fait trop, et que o'ett là traiter les hommes en esclaves. Sans refuser aux atitres peuples des lumières suffisantes, permet-il qu'ils tbnseiit éê leur liberté jusqu'à créer un ordre social digne de Teniisr? Nous accusons de partialité le Dieu du Sinaï ^ et nous di* sons I Jéhovah n'est pas le père commun des peuples.
Yoici deux principes que je vous prie de méditer, comme éclairant un peu le formidable problème de la prédeslif nation générale, problème que certains soleils tiiéologiquei n*ont fait qu'obscurcir.
1^ En nous créant libres, Dieu s'est engagé à ne nom sauver qu'autant que nous le voudrions nous-mêmes , à moins qu'il ne lui plaise de nous ôter de ce monde avant l'âge de raison. — Cela^ je pense, est compris de tons. Yoici qui l'est moins :
T En faisant de nous des êtres sociaux qui, au phyaiqw et au moral, sont prooréés par d'autres hommes, Dieu s'est engagé à se servir principalement des chefs de la société domestique , civile, religieuse, pour faire arriver à chacun de nous les vérités qui éclairent notre esprit, les vertus qui purifient et exaltent nos cœurs.
Donc, quand chez un peuple déjà chrétien ou près de le devenir, les influences sociales combattent la lumière évan* gélique avec une certaine opiniâtreté, il en résulte natiH rellement et nécessairement, d'abord le déclin, puis Textinctiqn de cette lumière , à moins que Dieu ne Teuilki renouveler chez ce peuple les prodiges d'héroïsme par lesquels les chrétiens des trois premiers siècles triomphèrent de la férocité des maîtres du monde. Or je vous le demande, Dieu serait-il obligé de faire toujours ce qu'il était indispensable alors de feire pour implanter la loi de Jésus-Christ parmi les hommes P
D. Je ne le pense pas : la conduite des premiers chrétiens, leur ardeur pour le martyre, qui gagne même les enfants, la victoire de ces agneaux sur les loups qui les dévorwnt, etc., tout cela a l'nir d'une éclatante d#ogation