CHAPITRE IL
Que depuis environ dix*huit cent vingt ans, il existe une £gUse chrétienne
catlK)iiqu6.
D. Dix-huit cent vingt ans nous reportent à Fan 32 de l'ère vulgaire ; or je ne vois pas comment vous pourriez prouver l'existence à cette époque d'une Église catholique.
(1) Saint Luc, XXII, 32.
B. Ji'Église chrétienne naquit catholique. Le jour même OÙ elle apparut, elle parla toutes les langues, et nous voyous des croyants de tous pays entrer dans son sdn, et nous la signaler comme l'épouse de Jésos-Christ, diargée d'enfanter toutes les nations à la vie nouvelle ; vie que le Sauveur définit ainsi dans sa prière au Père : La tria éter^ nelle est en ceci, qu'ils (les hommes) te connaissent, seiU vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ (1).
Écoutons l'historien oculaire de la naissance de l'Église. Le jour de la Pentecôte^ le cinquantième après la résurrection de Jésus-Christ et le dixième après son ascension, il y avait à Jéru^salem des hommes religieux de toute nation qui est sous le soleil... : des Parthes, des Médes, des Êlamites^
des habitants de la Mésopotamie, de la Judée, de la Cappa
doce, du Pontj de VAsie, de la Phrygie, de la Pamphylie, de l'Egypte, de la Lybie, des Romains^ des Cretois, de$ Arabes... Pierre ayant pris la parole et prêché la foi au de Dieu crucifié, ceux qui reçurent sa parole furent baptisés^ et ce jour-là environ trois mille âmes se joignirent aux disciples. £t à une seconde prédication, qui suivit de près la première, le nombre de ceux qui crurent fut de cinq mille hommes... Et dans cette multitude de croyants, venus de toutes parts, l'union était si parfaite, qu'il n'y avait qu'un coeur et qu'une âme, et que nul n'appelait sien ce qu'il possédait, mais que tout était commun entre eux (2).
A quelques années de là , le prince des apôtres prend la plume et date sa première Lettre du sein de VÊglise qui est dans Babylone, c'est-à-dire dans l'immense cloaque des erreurs et des vices, que le Pasteur des pasteurs doit purifier et donner pour capitale à Tempire de la vérité et de la sainteté chrétienne. Et à qui adresse-t-il cette Lettre ? Aux chrétiens du Pont, de la Galatie, de ta Cappadoce, de l'Asie, de la Bithynie, etc.
(1) Sailli Jean, XVIT, 3.
(2) Actes des apôtres, II-IV.