‹ La Philosophie Du Catéchisme CatholiqueChapitre 55 sur 230 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

plus malades, les plas désespérées. Pure des égarements et des scaudales qa elle ne cesse de déplorer et de flétrir, elle ue se hâte pas d'en mettre les auteurs à la porte ; car, une fois dehors, le retour serait très-difficile. Son cœur maternel \oit en eux des malades en délire plutôt que des ennemis. L'expérience lui prouve des milliers de fois chaque jour que ceux qui la désolent Taceablent de mépris dans Tivresse des passions, la combleront de joie un jour, elle et les ha^ bitants du ciel^ en lui disant : Mére^ j'ai péché contre le ciel et contre vous, mais fen ai un sincère repentir ! Elle attend avec confiance les moments de la miséricorde de Dieu et les changements de Thomme, et souffre une infinité de choses qu'elle désapprouve.

La différence entre vos dix mille églises et la nôtre con* siste en ceci, que vos églises sont des filles des hommes qui peuvent s'attifer et se parer autour comme des temples^ selon le mot de la Bible (1), attendu qu'elles n'ont pas charge i*âmes. L'Église catholique est l'épouse du Dieu anéanti pour le salut de tous ; c'est la mère des douleurs, obligée de tout souffrir, de tout sacrifier à sa mission de peupler le ciel d'élus, arrivés là du nord et du midi, du levant et du couchant, et partis, les uns à la première, à la troisième, à ia sixième heure, les autres à la dernière.

Yoilà qui est très-suffisant, je pense, pour expliquer et justifier la tolérance dont use l'Église envers une foule de protestants qui paraissent ne lui appartenir que par le baptême, par la première communion et par l'espoir d'une fin catholique. 11 n'en est pas moins certain que ces hommes sont nn danger permanent pour Funité religieuse. Toute* fois, ce n'est pas le plus grand de nos dangers domestiques.

D. Et où en voyez-vous donc un plus grand ?

B. Dans cette infinité de catholiques d'entre-deux , bons relativement à ceux dont nous avons parlé, respectant la rdigion , l'aimant , la pratiquant même quelque peu , mais

(1) PMwne CXUK.

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lui faisant plus de mal que tous ses ennemis ensemble ; car ils lui portent au eœur le poison de l'esprit du monde.

Le cœur de la société catholique, l'organe qui y élabore et fait circuler dans tous les membres la Tie durétmme , c'est le sacerdoce. La Tie du sacerdoce est tonte dans son unité ; son unité est toute dans l'esprit dn chef, Jésus-CIhrist ; Tesprit de lésus-Christ est l'opposé dé l'esprit éa monde , que l'Écriture définit : convoiiise de la chair j convoUUe des yeui» (avarice) et orgtAeil delà vie (i).

£h bien ! la mission que se sont toujours donnée, que se donneront toujours nos catholiques d'entre-deiUL , c'est d'apprendre aux prêtres à sauver la religion , à la faire aimer, en conciliant l'esprit de Jésns-Gbrist avec l'esprit du monde, c'est-à-dire en sacrifiant le premier à l'antre. Si les prêtres résistent à ces sommations amicales, ils ne sont plus que des esprits étroits, entêtés, de panvres théologiens qui parlent une langue inconnue. On déplore Textrême faiblesse de l'éducation sacerdotale ; on s'afflige de voir ceux qui doivent être la lumière du monde, le sel de la terre, rester stationnaires quand le monde est en marche , et se tenir à une si grande distance de ceux qu'ils ont mission d'éclairer et de rassainir. £n somme, ces bons catholiques décrient les prêtres qu'ils n'ont pu égarer, et facilitent aux révolutionnaires antichrétiens ces réformes de l'éducation cléricale qui vont à donner des ministres de l'Évangile qui ne croient ni à l'Église, ni au Christ, ni même en Dieu.

Malheureusement les prêtres ne savent pas toujours résister à ces suggestions, si conformes an vœu de la nature. £n garde contre les mondains avancés qui leur prêchent le mépris du devoir ou leur jettent l'injure , ils écoutent volontiers ces hommes, qu'ils regardent avec raison comm^ de bons et loyaux amis. Insensiblement ils s'affadissent, s^ relâchent, et à mesure qu'ils s'éloignent de l'esprit du divin. Maître, ils se tournent vers la terre et se divisent entre eux.

(1) Saint Jean, Prem- ép(tre, II, 16.

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