‹ La Philosophie Du Catéchisme CatholiqueChapitre 59 sur 230 · LIVRE I. i · texte numérisé non relu

LIVRE I. i

Au reste, acceptons, si tous le désirez, le chiffe de cent trente-six millions, fixé par le géographe Adrien Balbi ; la démonstration n*y perdra rien.

Voyez donc et comparez ! — Chez la plus croyante , la moins raisonneuse des lamilles religieuses, le sectateur de Mahomet ne peut franchir les limites de sa patrie politique sans sortir de sa patrie religieuse ; s'il trouve encore des mahométans, ce sont des hérétiques qui entendent et pratiquent autrement que lui la loi du prophète. S'il voyage dans l'histoire , il voit le soleil de sa foi apparaître seulement Tan de Vhègire (622), et la nuit de l'infidélité couvrir les cent cinquante générations humaines qui ont précédé le prophète. — V orthodoxe (gcuminique schisma-' iique grec et Vorthodoxe russe (désolés l'un et l'autre, dans leur pays, par une infinité de sectes toutes plus orthodoxes et œcuméniques les unes que les autres) cherchent vainement à l'étranger Yorthodoxie œcuménique grecque, Vorthodoxie russe. Parqués dans les limites de la suprématie spirituelle, l'un du patriarche de Ck)nstantinople , l'autre du saint synode gouvernant au nom du czar, ils ne peuvent remonter au-dessus des douzième et onzième siècles sans reconnaître dans leurs aïeux de cette épo<iue les sujets spirituels du pontife romain. — Les moins désunis des protestants, les sectateurs de V église établie par la 7oî, les anglicans, ne trouvent pas hoi*s des États de l'Angleterre un seul anglican qui ne soit pas , comme eux , un voyageur. En se eomptant, ils verront qu'ils ne sont que le vingtième des cent soixante millions dliommes que renferment leui*s trois royaumes -unis y leurs colonies et leurs possessions dans l'Inde. S'ils étudient leur généalogie religieuse, ils trouvent qu'ils sont le fruit des œuvres de la bonne vierge Elisabeth, tout au plus de son père Henri YIII , et ils ont à résoudre cette question : D'où est venu à la dynastie des Tudors et à leurs successeurs le droit de gouverner les âmes de leurs sujets et d'administrer la religion de Jésus-Christ?

Maintenant parcourez de l'cpii la mapijemonde à tous

ks degrés de latitude et de longitude, et iodiqueE-moi un p^s ou le voyageur catholique ne retrouve pas sa femille religieuse et les deux merveilles que li|i fit oonaaitre m mère : le catéchisme et le prêtre de Boine. Interroges sur l'histoire de sa religion nos enfants bien instruite de ieor catéchisme; sans avoir lu le DUtcaurê êw VBisiair^ mm- VÊTieUi, ils TOUS diront cdmment ils profeseent la même foi que runiversalité des komm€$ de bonne wlonté depuis Adam jiWiqu'à uous(l).

J'ai appelé menmlles te catéchisme et le prêtre de Rome. Jle n'ai plus besoin de vous montrer les impossibilités bu- ^maines que présentent, dans sa création et sa oonservaiiop à travers les siècles, ce catéchisme catholiqae, uniTersd, que nous voyons aux mains, et de Constantin le Grandi qui 7 étudie ses devoirs de dirétien et de prince, et des esclaves de son empire , qui y lisent leurs titres de noblesse ; que nous voyons plus tard aux mains des barbares, qui, après l'avoir cent fois jeté au feu, y apprennent « à brûler ce qu'ils ont adoré, à adorer ce qu'ils ont brûlé; » que nous voyons aux mains des Gbarlemagne^ des Alfred le Grand, des saint Louis, de leurs grands et petits vassaux, de la plèbe innombrable de leurs serfs ; catéchisme que Louis XIY Ut à Versailles, prot^e chez les catholiques de l'Orient, propage chez les infidèles policés de l'Asie et les tribus sauvages de l'Amérique , par Tappui qu'il donne aux mis-

(1) « Qnelle consolatioa aox enfants de Dieu 1 B'éeri* Bonaet; mais quelle ooD¥ictiop de la vérité» quand ils voient qve d'Iunoeent XI, qui remplit aujoard*hui s! dignement le premier siège de TËglise, on remonte sans interniption Jusqu'à saînt Pierre, établi par lésns-Chrhit prince des apdtfe^; d'oii, en reprenant les pontifes qui ont senri sont la loi, ^ va jBlq«'à iàron et jusqu'à Moïse, de là jusqu'aux patriarches, et jusqu'à l'origine du monde. Quelle suite ! quelle tradition ! quel enchaînement merveilleux ! Si notre esprit, naturellement incertain, et devenu par ses propres Incertitodes le jouet de ses propres raisonnements:, a besoin, dans les questions où il y va 4n salut, d'être fixé et déterminé par quelque autorité certaine, quelle plus grande autorité que celle de TËglise catholique, qui réunit en elle-même toute Tautorite des siècles jMissés, et les anciènnin traditions du genrfe tninniîn, jitoqtt'à sa première origiBsl » Oondusimi dn Disc, tur Vffist mniv, .

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«iouBaires ; eatécfaismt quo Napoléon^ aux jours de sa glpiitt, donne pour fondement au système édocationnel de son «ÛTOniléi, bt qo'ttux jours de l'infortune ^ il niédite à fiainte^Hâène^ el prend pour base de sa pait avee Orna et le moiidei .

Il ne reste h tmis dire un teot du prêtre cathcrfiqilfe^ qui 9sti pfftir moi^ la j^us grande dm impdssibttitéB ;. car ii^ost le eâtéekiime éwimty Is catickimne en chair éten^i^b;

fii ûM TOUS pBJtaH une exagération^ apppenez^mol «om- WÈsat il est atrivé jusqu'à nous) eAfants du dix>^faeuTlèaie sièek^ CM tioiàme qui> d^îmis sa sortie du oénade de iMi' salem (vers l'an 32), a tant de fois Térifié la parole prOfdiétique du Maître qui l'enroyait : Tu mras fodieuûB à loui^ à ctttM d« mo» fiotlé (1).

Ditei»-iBoi commetit ce prosërit de toutes les puiteàftces

4e la terre a tu, sur sa route, les plus superbes polehtats

-hamilier leur front sous sa main et lui dire : Bénissm»moi^

$non père, et faites ma pako avec Dieul *^ comment^ ûpfks

s'être dérobé des milliers de Ibis^ par la fuitC) à la fureur

* 4e0 multitmles^ il est revenu des milliers de fmé ^ porté en

* triomphé sur le bras des multitudes ; -^ oomiient^ al^Ts même que ëa tête est mise à prix, il vpit la tMîère qu'il partage avec les bêtes fauves, assiégée par des masses avides de sa parole.

Expliquez-moi comment de cette bouche, qui n'est pas souvent très-éloquente, il sort toujours des paroles qui font trembler les rois et leurs généraux les plus braves; des paroles qui changent le cœur des courtisans, qui rendent à la vertu les courtisanes; des paroles qui inspirent la patience et le pardon à l'innocent qui succombe, le repentir et la résignation au coupable qui monte à l'échafeud ; — comment, sous le coup de la persécution, il y monte lui-même du même pas qu'il va à l'autel ; — comment son caractère n en souffre pas quand le criminel qu'il

(1) s. Matthieu, X, !I2.

dispose à subir la peine de ses forfaits est un autre lui- ■lèiiie. . . un prêtre !

Expliquez-moi, euiin, comment dans l'àme de cet homme, kumainement assez étroite, il y a toujours des prières, des bénédictions , des bienfaits , pour ceux qui l'ont le plus truellenient calomnié , maudit , persécuté ; — comment j quand il rentre dans un pays fumiuit encore du sang sacerdotal, il accourt, sur un signe, an chevet des bourreaux, et, après quelques soins, leur dit avec Tacoent de la foi : Partez f âmes chréêieHneSj et, comme le^fnmd apôtre Pauly d'abord persécuteur de l'Église de Jisu&^Ckristy ei ieint du sang de ses ministres{i)^ allez avec confiance tràner au ciel, près des martyrs que vous g avez envoyés!

Assez pour servir de texte à vos réflexions sur TÉgliae eathcdique. Que si, vos réflexions faites, vous resties dans ie doute sur la main qui a fondé et conservé la plus étonnante, la plus impossible (humainement parlant) des institutions sublunaires, ne serais-je pas en droit de vous adresser, avec un léger changement, le mot de Napoléon à son interlocuteur de Sainte-Hélène . « Si vous ne comprenez pas que TÉglise catholique est divine, eh bien, j'ai en tort de vous prendre pour un esprit capable de philo8apbic(2). »

(1) Àcles des apôtres, Vil, 57.

(2) Voy. Deuxième fait, cli. 1.

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