‹ La Philosophie Du Catéchisme CatholiqueChapitre 60 sur 230 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Que les boouues que Dieu a créés ne ressembteot en rien aui koma^es. .

inventés par l'esprit moderne.

D. Qaels sont ces hommes inventés par Tesprit modénie ?

fi. La description en serait longue; bornons-nous aux. traits les plus saillants.

Vous aurez lu sans doute dans quelques-uns des' deui ou trois mille volumes oh notre jeunesse universitaire apprend la religion , la philosoplile et l'histoire, que le seizième siècle éclaira la plus heureuse des révolutions : l'émancipation de la pensée humaine. Ce prodige fut l'œuvre d'un moine saxon qui eut le courage de jeter aux orties et son froc et la guimpe de la religieuse qu'il se donna pour femme. Les hommes , jusque-là esclaves et ne pouvant penser que sous le bon plaisir du pape, reprirent l'usage de leur raison, là du moins où le catholicisme ne put pas étouffer la liberté nouvelle.

Si, depuis lors, les hommes sortent encore du néant (ce que l'esprit moderne n'examine pas, tant cette question est bigote!) ; s'ils naissent encore d'une femme et doivent vagir longtemps dans un berceau (ce qui est possible); rien du moins en eux n'annonce la faiblesse et la misère des enfants du moyen âge. Ils arrivent investis par la nature des droits les plus précieux : ils sont les égaux de leurs pères et mères, des chefs religieux et civils de l'État qu'ils daignent honorer de leur présence ; ils sont, par le fait même de leur existence, pontifes et rois. Il se peut qu'ils éprouvent dos besoins physiques; soignez donc leur corps, c'est leur

droit, c^est votre devoir. Quant à leur âme (supposé qu'ils en aient une, de quoi nos libres penseurs ne sont pas trèsconvaincus), e^le porte en soi la lumière des lumières, l'autorité des autorités, Vuniqu£ autorité : la raison. S'il y a un Dieu (ce qui peut être comme n'être pas), et que, par hasard, il ait voulu donner une loi morale aux hommes, soyez sûr qu'il l'aura gravée, dette loi, dans la conscience de l'enfant. Gardez-vous donc d'obscurcir, de gâter la conscience de Vos enfknts par des doctrines ptétëûdueè révélées. Il leur faut de l'instruction, mais une instruction distribuée par les maîtres que la philosophie et l'État ont préparés à la sublime mission de former de grands p^iseurs et de grands citoyens.

Depuis la bienheureuse transformation opérée par l'esprit moderne, les hommes sont-ils encore sujets aux maladies, à la mort? Question encore trop niaise pour fixer Tattention de nos libres penseurs. S'ils ne l'abordent pas de front, ils ne laissent pas de la résoudre négativement , en nous imposant une tâche qui interdit la pensée même de la mort. £n effet, ces messieurs veulent que chaopn de nous se crée une religion, une philosophie, une pc^tique domestique, nationale, humanitaire. Ce que nous troav<»s àe fait et de conclu en cette matière , à notre entrée dans le monde , est sujet à révision. La liberté d'examen vent qu*à l'exemple du grand Descartes , nous rejetions provisoirement tout cela comme pouvant être l'œuvre des réjugés, et que nous n'admettions rien que sous la garantie de l'évidence.

Or, je le demande à tout homme de bon sens, ne &at41 pas au moins quelques siècles pour expédier cette besogne?

Si, pour être chrétien, je dois créer mon christianisme à Taide de la Bible, comme le veut le glorieux libérateur Luther, comme le veulent encore tant de ses dociles ouailles, uel labeur ! Il y a trente ans que j'étudie la Bible, et pour-

nt je me reconnais incapable d'y trouver un christianisme supérieur au christianisme catholique. Celui-ci, quoi qu'on

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