‹ La Philosophie Du Catéchisme CatholiqueChapitre 61 sur 230 · LIVRE · texte numérisé non relu

LIVRE

^ dise, s'est trouvé asses bien fiiit pour dut*er dix-buit o^ts «us. Pour essayer de faire mieux, serais^e déraisonnable, meseieurs de la Biblen^igion , eu vous priant de me garantir deux mille ans de bonne vie?

LaisseaE la Bible pour ee qu'elle est (une poésie de l'Orient), me ^iitint les prolestants avancés et Ih touiiie de 4MMI libres penseurs; au Iwu d'utle religion (idée golhique), ftdtea-TOQS une phUowapAie^ n'éeoutes que la raison. -^ Soit ; maift voilà trente anè^ que j'intérii^ eet (N^aeb' des pbilo^ iKifAes; et peu confiant à ma raison^ <ftA néanmoins en vaut une autre, j'ai scruté leé oracles des plus fameuses rations pbUoeoidiiques. Avec tout cela, je dois convenir^ comme MM. Goueitt, Jouffiroy^ P. Leroux, etc., que, pour donner une belle et bonne philosophie, nous n'avons plus besoin qae d'en trouver le premier mot. Si vous désires que je le tioave, à mes dix lustres» qui vont s'écli^^seï^, ajoutez-en au moins trente, et encore je ne réponds dé rien.

Enfin, le droit moderne veut que je sois, sinon souverain

absolu (ce qdi serait mieuk), du moins partie intégrante

de la souveraineté dom^ique, commUfiMe^ provinciale,

nationale, humanitaire. J'ai à défendre mes droits (et^ par

anite, à les étudier) contre les empiétements de mes père,

anère^ proebes quelconques; j'ai à iaire valoir mes droits

«pasrés^ InaliénaMes, dans le gouternement de ma commune,

4e ma province, de ma nation. Je suis esclave (selon le prin-

xsipe dé Bousaéau, et aussi de son maître Montesquieu) fci je

WM tienfi lié par des lois dans la confection desquelles je ue

aeraia pas intervenu eu personne ou par mes Mégués. De

plas^ membre de l'humanilé entière^ ue dôis^je pas étudier,

wsa grand jour ou dans le sanctuaire des sociétés sectètes,

ks questions humanitaires, et prendre Une part active à

leor prompte solution ?

A la vue de tant de grandes choses qui tombent à la charge de lliœnme des temps modernes, comment pourrait-il avoir la bassesse de songer à la mortf D. Yous oubliez une fonction humaine qui, pour être

Ht LA PHILOSOl'HIfe: DU CATÉCHISME CKIBOU^IjE.

moins élevée, a bien son importance : se procurer le vivre et le couvert. Est-ce que Thomme moderne doit être un herbivore, un va-nu*pieds, un cottcbe-tout*na à la belle étoile?

B. C'est encore là une de ces questions banales que nos génies modernes ont exclues de leurs sublimes comtemptar tious. Que voulez-vous ? la plupart d*^tre eux mangèaiori; sans doute du très*bon paUi et babitaieAI de sjdendidet dih meures) mais ils pouvaic^it ignorer d'où Tient le pain du ])euple et ce que cotlttent de sueurs la eonstnietion: et Vmif tretien d'une pauvre chaumière. Les uns, comme Montesquieu, étaient nés dans Topulenoe et avec une présidienoe à mortier ; les autres, comme nos autocrates universitaires, ont obtenu de grasses listes civiles, avec de jolh^ bénéfices en librairie, pour la fonction d'enseigner une philoaopbie dont ils cherchent encore le premier mot. Et puis, des eiâprits doués de la faculté de créer des hommes nouveoiu ne peuvent-ils pas créer de nouvelles ressources qui ne soient pas le fruit du ti*avail ? Qu'est-ce qui les empêche de statuer que VÊtat doit à tous les citoyens une subsistance assurée yla nourriture, un vêtement convenable^ et un genre de vie qui ne soit pas contraire à la santé ( I ) ?

Assez sur l'homme fabuleux imaginé et prêché par las charlatans rdigieux, philosophiques et politiques des temps modernes.

Quand on considère le succès qu'ont obtenu dans ks classes soi-disaut instruites ces billevesées, le culte qu'«n a rendu, qu'on rend encore aux beaux diseurs qui les ont mises en crédit ; quand on voit ces sottises, descendues dans les masses, s'y traduire en doctrines ultra-sauvages, n'estai pas natui*el <le demander à quoi servent les lumières dès classes dites éclairées et le bon sens du peuple ?

D. La question est très-naturelle, et très-naturelle aussi m'en parait la solution. Les lumières de la classe instruite servent à emb^hr les grandes folies et à las faire adorer; le

ri) Monlcsqtretf, dr VKapAt des lois, llv. XXllT, Hi. 20.

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bon sens populaire excelle à comprendre ces religions nouvelles et à les mettre en pratique.

n. Vous avez parfaitement raison. Voilà trois cents ans qu'une grande partie de la classe parlante dit aux classes travaillantes : « Le catéchisme catholique n'a fait que des ignorants et des esclaves ; nous qui sommes les amis de la liberté du peuple, de ses progrès dans les lumières et le Men-Atre, nous ne désirons rien tant que de travailler a votre amélioration morale et matérielle, et nous y réussirkins sans votre opiniâtreté à ne croire qu'aux iirétres. » — « Parlez, nous vous écouterons, nous vous appuierons ! » a répondu une partie des masses. On a si bien parlé, foit et appuyé, que, vers Tan 1 850, une grande partie du peuple «'est trouvée assez éclairée pour dire, d'un bout à l'autre de l'Europe : « Nous connaissons enfin le vieux système social, qui est tout en ceci : Le gouvernement aux aristoSi pour jouir ; la religion au peuple, pour n'y rien voir et tout souffrir. Donc, monde neuf par Tabatis général des tètes de prêtres et des tètes d'aristos ! »

Profitons de la lumière de cette effroyable leçon pour une petite étude sur la nature réelle des hommes que Dieu et la nature nous envoient.

Arrivons-nous en ce monde avec les trésors de lumière, de sagesse, de vertu, que supposent les béats du libéralisme antichrétien, sur la foi de Tauteur d'Emile? Y arrivons* nous avec le fonds d'incorrigible perversité que nous attribuaient Luther, Calvin, Bèze, l'athée Hobbes, et que nous attribuent encore les partisans dn despotisme, qui disent : « L'homme est une méchante bètc que son maitre doit tenir sous la chaîne et le bâton, à peine d'en être dévoré? » En un mot, sommes-nous par nature des anges ou des brutes? D. Nous ne sommes , à ce qu'il me parait, ni l'un ni l'autre, mais très-capables de devenir Tob ou l'autre, selon qu'il plait à nos éducateurs. La nature nous fait indifférents au bien comme au mal : c'est l'éducation qui nous rend bons on mauvais.

B. Je n'admels pas cette prétendue iodiffér^nce au Uea et au mal, démentie qu'elle est par lea données de la phikH Sophie ehrétienue et par Texpénenoe, Œuvre et image de l'Être souverainement bon^ Thomme a dû reoevoir dans mm être, et a reça en efifet, l'empreinte de la bouté. U y a, dans les âmes les plus dépravées, un fonds de wiftitiida UAlureUa qui kor lai& juger les vertus qu'ils a'oBt fm préférables aux vioes qui les tyrannisent ; il y a. Ames les plus droites, un fonds de eorruption et de bksse qui les détourne du bien qu'elles aiment, rt qui ïtm ineUne au mal qu'elles détestent. Chacun porte et seul "mm en soi les deux hommes que la sagesse païenne meonmrt, que la sagesse chrétienne seule explique bien et concilie.

Le premier homme qui parait en nous , c'est rhomma animal. Que sa condition native est misérable, fûble, dé» pondante, quand on la compare à celle des autres animanil Les bètes dont Téducation exige le plus de temps jouisamt de la plénitude de leur instinct et de leurs forces avant qm Tenfeuit le plus alerte sache, je ne dis pas se procurer, mais discerner ses aliments. Quelle fragilité dans notre existence ! La moitié des hommes n'arrivent pas à Tàge de puberté; les autres, jeunes et vieux, ne peuvent compter sur une heure de vie.

Si l'auteur de notre constitution physique nous a destinéi à fiùre id-bas les grandes choses dont nous parle la jiaïsh Sophie moderne, avouons qu'il a commis une impardmir nable erreur en nous pétrissant d'une aussi mauvaise ar» gik. Sons sommes en droit de lui dire : Seigneur Ken, il Tahnt bien la peine de dépenser tant de sagesse et de génie dans la structure de notre corps, pour nous voir tomber esa poussière, les uns avant d'avoir rien commencé, ks autres avant d'avoir rien fini , de tant de belles œuvres que vous attendiex de nous !

DQnmins,rhomme intellectuel et moral vaut-il mieux que l'homme physique, et, depuis l'heureuse révolution du seizième siècle, renfanee s*annoiiee-t-elle pélillanie de génie,

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