‹ La Philosophie Du Catéchisme CatholiqueChapitre 7 sur 230 · LIVRE l · texte numérisé non relu

LIVRE l

travailler avec aa^ez de bonheur pour qu'elle nous «ffre le degré de mouyement et de vie qui se manifeste dans un brin d'herbe ; ils riront d'une demande aussi folle.

Œuvres mortes du génie des mortels, que deviendraient les merveilleux produits de l'industrie humaine étalés à Hyde-Park, si on les abandonnait à leur foix^ de conset^ vatkm ?Les tissus de soie, de laine, de lin, de coton, etc., tomberaient bientôt en poussière, les vers et la rooiUe dé* vorerai^t les bois et les métaux, et avant deux ans aueune de ces puissantes machines ne serait eu ctat de fonctionner. Cependant, à en juger par un passé immémorial, il est certain que dans un siècle, que dans dix siècles, les mousses et les insectes de Hyde-Park subsisteront encore , et qu'ils ne manqueraient pas de s'y reproduire, promenàton, tous les dix ans, le fer et le feu dans leur demeure.

Gela étant, ponvez-vous me contester les déductions suivantes ? — Le mouvement et la vie de ces deux petits êtres que nous avons observés, entre cent autres, dans un mètre carré de terrain, sont une œuvre d'intelligenc^e supérieure aux plus beaux produits de l'industrie humaine. — La puissance de reproduction et de conservation qui brille dans les espèces de ces deux êtres, puissance qui les fait se perpétuer à travers la durée des siècles, en dépit de mille causes de destruction , celte puissance , dis-je, révèle un coup d'oeil et des calculs un peu plus vastes et plus justes que les nôtres. — Il est donc vrai que les êtres renfermés dans un mètre carré démontrent aussi clairement l'existence d'un ouvrier supérieur à Thomme, que les merveilles du Palais de cristal démontraient aux visiteurs l'existence d'une multitude d'ouvriers humains d'une grande capacité. — Et, comme il est notoire que la vie végétale et animale est partout répandue avec profusion, dans le sein des mem, au milieu des glaces du Nord , il n'y aurait qu'à calculer le nombre de mètres carrés que renferme la surface totale du globe , pour savoir combien de milliards de fois ceux qui nient ou révoquent en doute l'existence

de Dieu sont plos aveugles, plus ioseosës, qae celui qui, à la vue de l'exposition de Tendres , aurait dit : II n*y a rien là qui décèle Tindustric humaine.

D. Je ne sais trop ce qu'on pourrait opposer à votre argumentation qui n'est , après tout, que le cri de la cons* cience humaine chez tous les peuples , et que je crois avoir lue dans Gicéron, moins toutefois ce qui regarde le Palais r . de cristal (I). Ce qui nuit à Teffet de l'exposition universelle des merveilles de Tindustrie divine, c'est qu'elle dure depuis des siècles : l'habitude tue Tadmiration.

B. Oui, et cette habitude d'indifférence a encore inspiré une belle page au philosophe païen que vous citez (2). Ce ne sont pas les preuves de l'existence de Dieu qui manquent ( notre œil en embrasse chaque jour des milliards) , c'est l'attention. Aussi, pour secouer la paresse de notre esprit, esl-il à propos de sortir des généraUtés et de fixer nos regards sur quelques-unes des œuvres de Dieu.

Dans notre planète, partie minime du palais divin de l'univers, on distingue trois sortes d'êtres : les animaux,

(t) N Serailce donc être Iionime, demande Cicdron, que d'attribuer, non à une cause intelligente, mais au liasard, les mouvements du ciel, qui sont si certains et si constants: le cours des astres, qui est si régulier; toutes les choses de ruiiivcrs, qui sont s! bien liées ensemble, si bien proportionnées, et conduites avic tant de sagossc que notre raison s*y perd elle-même, quand noiLS voulons les approfondir ? Quoi ! lorsque nous voyons les machines qui se meuvent artiliciellemenl, une sphère, une horloge et plusieurs autres choseg semblables, nous ne doutons pas que la raison et riutelligence n'aient présidé à ces ouvrages : doulerons-nous donc que le monde soit dirigé, je ne dis pas simplement par une intelligence, mais par une intelligence admirable, par une intelligence divine, etc., etc. » De Nalura deorum, lib. II, 37.

(2) it Suppo.sons des peuples qui eussent toujours habité .«ous terre, dans de grandes et belles maisons. . . ; supposons que , sans jamais être sortis de là pour venir sur la terre, ces |>eu pies eussent néanmoins entendu pailer de la divinité. ..; qu'ensuite, la terre venant à s*ouvrir, ils quittassent leurs ténébreux séjours pour venir aux lieux que nous habitons: que penseraient ils eu découvrant tout d'un coup la terre, les mers et les cieuN....» Et, quand h nuit aurait couvert ia terre de ténèbres épaisses, que diraient-ils, eu conteni* plant le ciel tout larFcmé et orné d'éloilrs...? Quand ces peuples verraient tant de merveilles, nul douîe qu'ils ne fussenl porsisrah^s qu'il y a des dieux, et que toutes ces choses sont leur onvrnge. » /bid.

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