CHAPITRE IV
Que la liberté de pensée, de consdence et d'exameu est le fruit de la soumissiou à l*ÊgIise, et qu'il n'y a de liberté hors de là que pour Tignorance» le mensonge et le despotisme le plus effréné.
D. Cette proposition a contre elle toutes les idées reçues. R. J'espère vous démontrer qu'elle a pour elle Tévidence des principes et des faits.
La liberté de pensée en religion exige, avant tout, un
i94 LA PHILOSOPHIE DU CATiCHISME GATHOLIQUB.
fonds de connaissances religtenses qui paissent oeeaper la pensée, comme la liberté de manger exige des aliments. La liberté de conscience ne se conçoit pas sans one conscienccy c^est-à-dire, sans la perception et le sentiment de certaines yérités morales qui puissent senrir de règle à nos fugements. La liberté d'examen exige également^ et des matériaux sur lesquels elle s'exerce, et nue lumière qui nous dirige dans leur examen. Otez de l'esprit les Térités élânentaires de religion et de morale, il n'y a plus possibilité, m par conséquent liberté de penser, de juger, d'examiner en eette matière. L'esprit reste en proie aux obscurités du doute, aux ténèbres de l'ignorance.
La liberté de pensée, de conscience, d'examen, exige, en second lieu, que, dans l'enseignement des connaissances capitales qui doivent servir de matière aux travaux de la pensée, de la conscience, de l'examen, nous ne soyons pas exposés à être trompés par ceux qui nous tes eommuni* quent ; car si ces premières données étalât fausses, nous n'aurions que la triste liberté de nous égarer dans nos pensées et nos jugements sur les questions les plus vitales. Plus nous serons convaincus de la vérité de nos principes, plus grande sera notre liberté de penser, de juger, d'exa* miner.
Gela étant, ne voyez-vous pas que le catholique jouit au plus haut degré de la liberté de pensée, de conscienee et d'examen, puisqu'il possède dans renseignement de l'Église uil ensemble de vérités qui éclairent le passé , le présent, l'avenir, et ouvrent un horizon sans bornes à l'activité de son esprit et aux élans de son cœur ?
D. Oui, dira-t-on, le catholique est libre de paiser, de juger, d'examiner, mais seulement dans les limites posées par les définitions de l'Église ; tandis que le protestant et le philosophe ne donnent pour limites à leur liberté de penser que les décisions , l'un de sa raiscm édairée par la Bible, l'autre de sa raison philosophique ne relevant que d'ellemême.