ARTICLE P
Je crois en Dieu le Père tout-phissatnt , créateur
du ciel et de la terre.
S l^^ Je crois.
D. Qu'est-ce que croire ?
B. Croire, c'est adhérer aux vérités que Jésus-Christ nous enseigne par son Église, avec une telle énergie de conviction , qu'on regarde les opinions contraires comme indubitablement fausses , et qu'on soit prêt , avec l'aide de Dieu , à mourir plutôt que de renier sa croyance , ou de la dissimuler alors que la gloire de Dieu et le salut des hommes exigent impérieusement qu'on en fasse la profession publique.
(1) Cours complet,' q\c.
D. Une telle couviction u'estrelle point sujette à dégénérer en fanatisme ?
B. Une telle conviction serait pur fanatisme dans Tbérétique formel et dans le philosophe rationaliste ; dans le catholique suffisamment instruit, elle n'est que l'œuvre indivise de la grâce de Dieu et du bon sens de l'homme. Gomme la raison de cette différence résulte de tout ce que nous avons établi dans le livre précédent et dans les questions préliminaires , il me suffira de vous la signaler en deux mots.
L'hérétique formel est celui qui, connaissant l'Église fondée par Jésus-Christ, refuse de l'écouter, et dit : C'est à moi de voir ce que Jésus-Christ a enseigné. Si après avoir lu la Bible cet homme disait : « 11 m'importe assez peu de savoir ce que croient trois cents millions de chrétiens mes contemporains, ce qu'ont cru les quatorze ou quinze milliards de chrétiens qui m'ont précédé ; je suis sûr d*avoir trouvé le vrai christianisme dans la Bible , et je mourrais plutôt que de reconnaître que j'ai pu me tromper ! » N'estil pas clair que l'orgueil de ce pauvre homme toucherait au faîte du fanatisme ?
Il en serait de même du philosophe rationaliste qni croirait avoir péremptoirement résolu les problèmes vainement agités depuis près de trois mille ans par la philosophie, et qui dirait : « La lumière du monde est enfin trouvée : c'est moi ! »
Plus d'une fois, sans doute, les hérésiarques et les chefe de file de la philosophie antichrétienne ont donné dans ces excès ridicules de foi en eux-mêmes ; toutefois , les uns et les autres se sont plus distingués par la versatilité de leurs opinions que par l'opiniâtreté de leur dogmatisme ; ils ont été moins fanatiques que lunatiques^ selon le mot de l'Écriture : L insensé change comme la lune (1).
Quant au catholique bien instruit de son catéchisme ,
Cl) Ecdéslast , XXVII, 12.