LIVRE II
La création ! mais n'est-ce pas là un fait personnel, certifié par notre propre conscience? Où étions -nous il y a un siècle ? — Créer ! mais n'est-ce pas là l'acte, le pouvoir dont ridée et le désir nous sont le plus familiers ? De quoi parlons-nous, sinon de nos créations dans le passé, de nos créations dans le présent, de nos créations dans l'avenir? 11 est vrai que nos créations ne sont que des changements de forme ; mais si nous avons la faculté de créer des formes, nous transfuges du néant, ne pourrions-nous pas, sans offenser la raison, reconnaître dans le Seigneur Très-Haut la faculté de créer des substances ?
Enfin, ou croire les mystères de la foi, ou croire les mystères de l'incrédulité déiste, panthéiste, athée. Ou le symbole des apôtres, ou le symbole des libres penseurs^ ainsi conçu : Je m'engage à ne Jamais penser en religion, ou, s'il m'arrive de le faire, à ne me repaître que des chimères, des contradictions et des absurdités qui peuvent entrer dans la pensée humaine.
Avant de passer au deuxième article, considérez un instant ce que le premier porte de lumière et de force dans Tàme chrétienne.
Je crois en Dieu le Père tout-puissant I Qu'ai-je donc à (mndre, si je reste soumis à sa volonté (dira le chrétien, placé au feu des plus cruelles épreuves) ? Si désespérée, si cruelle, si insupportable que soit, aux yeux des hommes. Ha position, elle ne l'est pas aux yeux de mon Père tout- )oîssant, qui la voit. S'il la veut, ou du moins s'il la souffre, t'est qu'elle est pour moi la meilleure.
Créateur du ciel et de la terre ! Œuvre par excellence de non Père , les cieux sont la demeure éternelle qu'il m'a préparée. Si la terre m'est si dure, c'est qu'il ne veut pas qne je m'y attache, comme tant d'autres qui sacrifient à une ombre fugitive les éternelles réalités. Mais, avec les cieux visibles , il a créé les cieux invisibles j des milliards et des milliards d'anges et d'archanges ; et en même temps qu'il a dit au soleil, à la lune, aux étoiles d'éclairer les yeux de
fiotre corps, il a dit anx archauges et au% anges : Allez au secours de vos frères terrestres, et (tccomptmneZ'les dans toutes leurs voies {l). N'y a-t-il pas là de quoi me consoler de Tabandon des hommes ?
Vous le voyez, le premier article du symbole met à Fabri du désespoir Tàme la plus maltraitée par les orages du monde.
Je crois en Dieu le Père toul-^missant... ! Quelle consolation pour le père, pour la mère de famille , nés près de l'indigence ou tombés Là par suite de nos commotions ! Qud puissant moyeu d'expliquer à leurs enfants la dureté de leur condition, de la leur faire accepter sans mnrmure, en présence de conditions meilleures ! Surtout, quelle irremplaçable consolation pour les uns et les autres, alors qu'une mort précoce vient ravir à une nombreuse famille son appui terrestre! I^ mourant ou la mourante dit à ceux qui restent : Le Père tout*puissant m'appelle ; ayez confiance, mes enfants ; il n'oubliera pas le titre qiill s'e»l donné de Père des orphelins (2) I
La foi au premier article du symbole est don4; le meilleur préservatif des familles pauvres contre le àécoaragement, les suggestions de l'envie et des autres vices qui font le socialisme. Vous pouvez voir aussi que ce serait le meilleur remède à une autre cause du socialisme : l'insensibilité du riche.
Je crois en Dieu U Père tout-puissànt. . . / Quel frein pour quiconque exerce à quelque degré un de ces pcmvoirs que Dieu n'a établis que pour le bien de ses enfants !
(1) PS. xc, u.