BST DESCENDU AUX ENFERS, ET LE TROISIEME JOUR EST
REssusaTÉ d'etitre les morts.
Est descendu aux enfers.
D. Que doit-on entendre ici par le amX enfers? Serait-œ le séjour des réprouvés, ou simpl^nu^t le tombeau?
B. Ce i^'f^t pas le tombeau» puisque k Sjrmbolc distingue expressément la descente aux enfers de la sé]^ilture, mentioimée ^ans l'article précédent. Ce n'est pas non plus le séjour des réprouvés ; car si le Rédempteur y lit sentir son ppuvoàr> il est très-douteux qu il y ait manifesté sa préseifce» et iLe^ certain qu'il n'y fixa pas sa demeure.
Par le mot enfers (lieux inférieurs) , pris dans le sens le plus large, on entend le séjour des âmes exclues de la félicité suprême, qui consiste dans la posses^ipn ^ Qj^ju vu
face à face. Or cette privation de la vue du Père céleste était la condition commune de toutes les âmes humaines, avant que le Rédempteur vint payer leur rançon et leur ouvrir le séjour des joies éternelles. Les âmes justes, il est vrai, n'étaient point confondues avec les âmes perverses qui, par une vie criminelle et leur fin impénitente, avaient lassé la miséricorde divine et encouru la sentence d'éternelle réprobation. Les premières, exemptes des peines sensibles , jouissaient de tout le bonheur qu'on peut goûter hors de l'intime et parfaite société avec Dieu. Entre leur demeure, que l'Évangile appelle le sein d'Abraham (i)^ et le séjour des réprouvés, il y avait le grand chaos, l'abîme infranchissable^ dont parle Jésus-Christ dans la parabole du mauvais riche (2). C'est de ce paradis provisoire (que les théologiens sont convenus d'appeler limbes) que le Sauveur parle quand, sur la croix, il dit au larron pénitent : En vérité , je vous le dis : aujourd'hui même vous serez avec moi dans le paradis (3).
Entre cette demeure des âmes saintes exemptes de toute souillure et le lieu des supplices étemels , l'Église catho-
lique (appuyée sur la parole de l'Ecriture, sur les traditions apostoliques, et aussi sur le bon sens chrétien) a toujours admis un lieu d'expiation temporaire pour les âmes qui sortent de l'épreuve de la vie avant d'avoir complètement satisfait à la justice divine, soit pour les péchés graves dont elles ont obtenu la rémission seulement quant à la peine éternelle, soit pour les autres fautes qui, sans les perdre devant Dieu, blessent le regard de la sainteté infinie.
Ces distinctions une fois établies , voici le sens que les catholiques ont constamment attaché à ces paroles : Est descendu au>x enfers.
Le sacrifice du rachat universel étant accompli par la mort de l'auguste victime, l'âme du Rédempteur alla porter
(1) s. Luc, XVI, 22.
(2) Ihid., 26.