‹ La philosophie du langageChapitre 11 sur 106 · Julio Cejador · texte numérisé non relu

Julio Cejador

De la plus haute antiquité jusqu'à nos jours, de purs utopistes d'abord, des esprits plus positifs ensuite, ont cherché les moyens de remédier à la diversité des langues humaines, qui crée — cela est incontestable — de nombreux obstacles et difficultés dans les rapports internationaux — commerciaux, scientifiques, touristiques, etc.

Comment le problème de la langue internationale se pose-t-il par rapport à la science du langage ?

Il est incontestable que l'ancienne idée d'une langue universelle commune à tous les hommes est une pure chimère, et que les projets a priori présentés jadis n'étaient pas viables^. Depuis une trentaine d'années, les créateurs et les propagandistes de diverses langues artificielles qui ont eu quelques succès, et d'autres non moins ingénieuses, se sont placés sur un terrain plus réaliste, timidement encore avec le volapûk de M^*" Schleyer, plus nettement avec Vesperanto du D"" Zamenhof, avec V Universal du D'" Molenaar et Vido de MM. de Beaufront et Couturat.

« La langue universelle, écrit M. Couturat-, n'a pas à être inventée; elle existe déjà en puissance dans les langues européennes par le fait même qu'elles ont une origine commune et qu'elles reflètent la même science et la même civilisation.il suffit, pour la faire apparaître, de dégager les éléments

1. On en trouvera l'historique dans V Histoire de la langue internationale de MM. Leau et Couturat.

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