Id. ibid, p
phonétique ou sémantique. Ainsi, en France, la prononciation du^j initial n'a pas changé depuis l'époque romaine, tandis que le c placé devant e (par exemple dans CENTUM, cent) a suivi l'évolution k-ky-ty-tsyis-s (que l'écriture ne nous révèle pas). Au point de vue des sons, le français lime est encore très voisin du latin lima^ tandis que le français eau est extrêmement éloigné du latin aqua auquel il se rattache, cependant, parune série d'intermédiaires [agwa, aitva, aivey ève, eave, eaue, eau, jusqu'à la prononciation actuelle o). Au point de vue des sens, ^èreala même signification que le latin paler (tout au moins au sens propre), tandis qu'il y a un écart très grand entre librare (= équilibrer) et livrer (un ennemi), janicula (= petite chienne) et chenille de velours.
Pour l'ensemble des sons ou des formes grammaticales, l'évolution est plus ou moins rapide, suivant la langue envisagée. Dans le groupe germanique, l'allemand d'une part, l'anglais de l'autre, offrent chacun une évolution phonétique beaucoup plus rapide que le suédois, demeuré très archaïque ; dans le groupe roman, l'écart atteint le maximum entre l'italien, très voisin encore du système phonique latin, et le français moderne, qui en est fort distant. Au point de vue des flexions, le lithuanien a conservé sept cas sur les huit de l'indo-européen parlé il y a une trentaine de siècles, tandis que le français et l'anglais ne connaissent qu'un cas depuis le moyen âge, et ont réduit au minimum les flexions des noms jadis si complexes.