‹ La philosophie du langageChapitre 27 sur 106 · Substantif verbal de «laisser · texte numérisé non relu

Substantif verbal de «laisser

des Méridionaux. De toute façon, l'écriture ne remet en circulation que des sons connus : elle ne saurait avoir pour résultat de créer des sons nouveaux ou des combinaisons isolées dans la langue.

Parallèlement, dans les langues littéraires, s'exercent les influences qui tendent à corriger le langage^ à le mettre en harmonie avec celui de la métropole et des classes sociales supérieures : influence de la famille et surtout de l'école. L'action de l'instituteur, mise en lumière notamment par Mohn, fut considérable dans l'empire ro'main : elle aboutit, parexemple, à restaurer en Gaule et en Espagne la prononciation de la dipthongue au {âou) que la langue populaire avait contracté en o; elle n'eut presque pas d'effet, au contraire, suivant l'hypothèse de Mohl, en Italie, où les écoliers, Latins fils de Latins, étaient moins sensibles aux objurgations du maître que les jeunes Celtes ou les jeunes Ibères, conscients de leur mauvaise prononciation. De nos jours encore, les professeurs ne font-ils pas en France la même remarque? Tandis que les élèves de province ont à cœur de se corriger des défauts de langage qui leur sont signalés, ceux de Paris, au contraire, se piquent de savoir aussi bien le français que leurs maîtres» Il en est de même à l'étranger.

Les influences littéraires produisent parfois des évolutions inverties. La prononciation populaire du latin avait changé a^ en * : on disait aurifes au lieu de aurifex. Le magister enseigna à prononcer l'x : mais l'élève, qui ne faisait plus aucune différence de

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