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Introduction à la chroyiologie du latin vulgaire

.^lïsAe entre aurifes et miles, substitua, par analogie,. X à s dans des mots où le son n'avait jamais existé : .'la prononciation milex, entre autres, est attestée par VAppendix Probi. De même lorsqu'on a voulu ^rapprendre 1'/ mouillé aux Parisiens (qui, ne pouvant plus le prononcer, ont dit /y), ceux-ci, dans le peuple, ont parfois substitué à des y de bon aloi le son qu'on leur avait enseigné : et ils ne se contentent pas, quand ils veulent « bien parler », de dire alyeurs, mais citoilyen (forme qu'on entend encore parfois dans les réunions électorales, bien qu'elle ait été ridiculisée).

L'écriture. — qui opère surtout aujourd'hui par le livre et le journal — exerce comme l'école et la iamille une influence archaïsante et conservatrice, qui ralentit dans une certaine mesure les évolutions phonétiques des langues littéraires modernes. On peut en juger par l'exemple suivant. Il existe un poisson dans la langue des pêcheurs, qui porte le nom dejuène : ce mot, comme M. Antoine Thomas l'a montré, est le même que le terme plus ancien (et encore usité dans certaines régions) chevène. Chevène est placé dans les mêmes conditions phonétiques que cheval et cheveu : si ces derniers mots n'ont pas abouti, même dans la langue populaire, à * jual, * jueu, comme chevène à jiiène, c'est qu'ils ont été protégés par l'écriture, par l'école, qui apprend à chaque génération à épeler ces mots et à les prononcer d'après la graphie. Au contraire le terme de la langue des pêcheurs a été uniquement transmis par la tradition, et aucun frein n'est venu enrayer le libre jeu de son évolution phonique.

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