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2. Avant la période historique des langues germaniques, au début du moyen âge pour les dialectes hauts-allemands, et de nos jours pour beaucoup de langues et dialectes germaniques qui amènent b, g, d à p, k, t, et aspirent les anciens p, k, t
sonoriser les aspirées {ph, kh, th^ b, g, d). Ce n*est pas un hasard si les évolutions les plus profondes des langues romanes se sont manifestées à partir du ix^ siècle, c'est-à-dire à la suite de la fusion entre les éléments ethniques latins et germaniques.
On peut interpréter de la sorte certains faits signalés par Ascoli, qui, mis au point, reprennent toute leur valeur.
Ainsi Ascoli a établi que Vu latin (prononcé ou) avait passé au son u dans tous les pays de l'empire romain et dans ceux-là seuls habités par des populations celtiques : France, Belgique et Suisse romanes, Italie du nord-ouest (ancienne Gaule cisalpine). Le philologue italien a pu d'ailleurs donner d'autres preuves pour confirmer le caractère ethnique du phénomène : le passage de ou à u (parfois même à i) chez les peuples celtes qui ont conservé leur idiome (Ecosse, pays de Galles), et, dans le groupe germanique, exclusivement chez les anciens Celtes germanisés (Hollande,, ouest de l'Angleterre, partie de l'Ecosse). On avait objecté la persistance du son ou dans le Roussillon et la Catalogne, qu'on croyait avoir été peuplés de Celtibères : or l'histoire, mieux informée aujourd'hui, déclare que c'est une hypothèse erronée; M. Camille Jullian a établi * que les Celtes, au sud, n'ont pas dépassé le Têt, — et c'est précisément là, à quelques kilomètres près (coïncidence remarquable), que passe la limite entre Vou et Vu. Il ne s'agit donc point, dans ce vaste domaine, de Vou prononcé « à la gauloise » dès la conquête romaine