Histoire de la Gaule, t. I, p
(le phénomène étant postérieur au rx* siècle), mais d'une prédisposition à l'évolution ou > u> i, manifestée par les populations fortement imprégnées d'éléments celtiques. Ainsi s'explique que les mêmes évolutions peuvent se produire plusieurs fois à ' diverses époques chez les mêmes peuples, comme la Lautverschiebung chez les Germains, comme le passage de ou à u qui s'observe à nouveau de nos jours dans de nombreux patois de France et de l'ancienne Cisalpine.
A l'intérieur d'une même famille linguistique, — romane, germanique, slave, etc. — les dialectes se présentent comme une masse extrêmement complexe, parmi laquelle il est impossible d'établir des groupements précis et une classification autre que celle résultant de la répartition des phénomènes phonétiques et sémantiques ^ Il n'y a entre les dialectes ou patois de même origine aucune frontière coïncidant avec des limites politiques anciennes ou modernes, ni même, en principe, avec des frontières naturelles, telles que fleuves ou montagnes.
Cependant on rencontre des exceptions : les Pyrénées, dans leur partie centrale, forment une limite linguistique entre deux groupes de dialectes nettement tranchés, gascons au nord, aragonais au sud, tandis qu'il n'en est pas de même à Test (à l'ouest le basque s'interpose entre les parlers romans), et que les Alpes, sur aucun point, ne forment une ligne de démarcation entre les patois. L'embouchure de la Gironde constitue une frontière très caractérisée