‹ La philosophie du langageChapitre 47 sur 106 · Grammaire comparée · texte numérisé non relu

Grammaire comparée

LA PHILOSOPHIE liL LA.N(.AGE

noiiard, précurseur encore incertain, Diez met sur pied la linguistique des idiomes néo-latins ^ 11 sérail injuste de ne pas faire allusion aux vulgarisateurs, tels que Brachet-, qui communiquèrent un peu plus tard ces notions au grand public.

Remontant dans le cours des âges, la jeune science, devenue ambitieuse, s'éprend de synthèses : elle veut fixer, avant d'en avoir approfondi les détails, les lois générales des évolutions, et déterminer l'origine du langage. Max Millier dégage les principes de r « altération phonétique », en montrant la contraction progressive des mots; Sayce pose, en serrant l'idée de plus près, la loi du moindre effort, empruntée à la mécanique : il croit à l'origine individuelle des transformations du langage, propagées par voie d'imitation. A cette époque triomphe la théorie des « trois phases », d'après laquelle toutes les langues auraient passé au début par une phase agglutinative, pour traverser ensuite une étape flexionnelle et se fixer ensuite à un état analytique.

Au delà de la phase primitive se posait le problème de l'origine du langage, que la science, de compte à demi avec la philosophie, discuta passionnément au milieu du xix'' siècle. S'opposant avec raison aux philosophes théologiens qui, comme de Bonald, voyaient dans le langage une révélation surnaturelle, Max Millier et Renan font remonter l'usage de la parole à un instinct qui, dans l'humanité primitive, aurait suggéré, pour chaque objet ou chaque idée, le même mot aux divers individus du même groupe,

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