‹ La philosophie du langageChapitre 53 sur 106 · Pj-incipes de philologie comparée, p. 235 itrad. Jovy · texte numérisé non relu

Pj-incipes de philologie comparée, p. 235 itrad. Jovy

La conclusion est au moins inattendue et contraste singulièrement avec les prémisses. Le fait qu'un homme de la valeur de Sayce semblait confondre encore la lettre avec le son prouve à quel point les Anglais, jusqu'à nos jours, ont montré de la répugnance pour la phonétique.

De son côté, Whitney — avant les néo-grammairiens, il est vrai * — proclamait que les évolutions phonétiques sont régies par le « principe d'économie », la « loi de commodité » et, parlant des changements des sons, déclarait qu'une société « qui eût pu en c/ioûrr d'autres », a « voulu choisir ceux-là ». Ce ne sont pas là les pages de la « Vie du langage » qui ont le moins vieilli.

M. Sweet, sans abandonner les théories essentielles de Sayce et de Whitney, les a mises au point-, mais il ne répudie, pas plus que M. Jespersen, linguiste danois de la même école^, ni l'origine individuelle des évolutions, ni l'idée de progrès, qui est commune aux Anglais et à l'ancienne école française.

Le champion de la résistance aux néo-grammairiens fut en France M. Bréal, mais ce ne fut pas un adversaire irréductible et systématique. Avec une grande pénétration de jugement, M. Bréal saisit les points faibles et forts de la théorie allemande. Il jeta du lest sur la phonétique, qu'il abandonna peu à peu, quoique avec regret, aux défenseurs de la

2. An history of english soimds; The practical study of language.

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