Leçons sur la science du langage, î
essentiel et toujours agissant de la vie du langage. M. Paul Passy peut être considéré comme un des phonéticiens les plus remarquables qui aient tenté un eflbrt de synthèse^. Mais on se heurta, dans l'analyse de ces phénomènes, à des difficultés de toute sorte que ne pouvaient résoudre les anciens procédés de recherches, appuyés uniquement sur l'histoire et la comparaison des langues littéraires, sur l'interprétation presque exclusive des textes. 11 manquait aux linguistes, comme beaucoup le reconnaissaient hautement 2, le contact avec le langage vivant. Leur connaissance des formes dialectales était imparfaite et de seconde main ; leurs notions de phonétique physiologique et physique étaient rudimontaires. La première lacune va être comblée par la dialectologie; la seconde, un peu jiius tard, par la phonétique expérimentate. Il est caractéristique que Gaston Paris ait demandé (et obtenu) la création de ces deux enseignements : l'étude des patois à l'École pratique des Hautes Études (1881), le laboratoire de phonétique, quelque vingt ans plus tard, au Collège de France.
L'étude méthodique des patois et la controverse classique sur la question des dialectes — contemporaine des premiers travaux des néo-grammairiens — marquent une nouvelle étape dans les conquêtes de la science. Bien qu'elle ne nourrît plus à l'égard des parlers populaires les mêmes motifs d'aversion que l'ancienne grammaire, la linguistique les avait négligés longtemps. Il y avait d'ailleurs