‹ La philosophie du langageChapitre 57 sur 106 · Cf. p · texte numérisé non relu

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et vivant, le seul qui doive compter aux yeux de la science. Et sur ces divers points, la phonétique expérimentale va renforcer encore son œuvre. > Nous aurons l'occasion de parler en détail de cette nouvelle branche de la science, qui consiste bien moins en une expérimentation qu'en une rénovation complète des procédés d'observation phonétique. En substituant la précision des instruments, des appareils inscripteurs à l'imperfection de l'oreille, elle a renouvelé la base même de la phonétique. Les organes de la parole et leur fonctionnement sont désormais étudiés dé près à l'aide de données anatomiques et physiologiques, tandis que les sons, analysés par les procédés physiques de l'acoustique , sont traduits en vibrations et en courbes mathématiquement déterminées. Préparée par le physiologiste Marey, la phonétique expérimentale a été créée par M. l'abbé Rousselot, que Gaston Paris avait orienté vers ces nouvelles recherches : sa thèse sur les « Modifications phonétiques du langage dans le parler d'une famille de Cellefrouin » (1892) est une nouvelle date dans l'évolution de la linguistique. Autour du maître s'est formée toute une pléiade de travailleurs qui ont perfectionné de leur côté la méthode, et la phonétique expérimentale a acquis en peu de temps une telle importance qu'elle est dever^ie à son tour une science presque autonome. Les remarquables travaux de E.-A. Meyer méritent également une mention spéciale.

La psychologie du langage, de Whitney à Wundl : vie du langage et vie des mots. — Les idées linguistiques des sociologues contemporains; le rôle de Tiniitation ; les phénomènes sociaux du langage. — La réaction contre les théories des néo-grammairiens ; les néo-linguistes; les causes sociales des évolutions linguistiques. — Le retour aux synthèses; les lois générales; la philosophie du langage.

Parallèlement aux phonéticiens, des linguistes de tendances différentes ont poursuivi leurs recherches sur les phénomènes psychiques du langage, les évolutions des sens et la vie des mots. Ici aucune révolution n'est à noter, semblable à celle qu'ont provoquée, dans le domaine voisin, les théories des néo-grammairiens et l'apparition de la phonétique expérimentale. La sémantique s'est développée lentement, par étapes successives.

C'est chez les Anglo-Américains, si médiocres phonéticiens, qu'il faut chercher les premiers bons travaux de sémantique. Les ouvrages de AYhitney marquent une orientation intéressante ; sa Vie du langage (1875), comme ses précédentes études*, font une part infime à l'évolution des sons. Par

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