Cf. Bulletin de Vlnstitut Solvay, avril 1910, oo
2. Et d'ailleurs bien explicable pour des hommes occupés à d'autres travaux, si Ton songe qu'aucun linguiste, à l'heure actuelle, ne peut embrasser l'ensemble de la scienc .
entre la naissance ou l'origine d'un changement, et sa généralisation qu'ils formulent en « loi phonétique ». J'admets (parce que l'hypothèse contraire conduit en bien des cas à l'absurde) que l'origine puisse être individuelle et que le changement se soit ensuite propagé par voie d'imitation » ^
Les sociologues reprochent aux néo-grammairiens de procéder n priori dans leurs conceptions, et d'éliminer de parti pris les facteurs individuels pour conserver aux lois phonétiques leur caractère de régularité. « On désire que les faits soient simples comme dans les sciences naturelles, et pour qu'ils aient l'air simples on se met des œillères qui empêchent de voir la complexité 2. » — Reproche injuste, si l'on songe à la minutie extrême des travaux qui ont dégagé d'une complexité infinie la rigueur des lois — si l'on pense à la patience d'un Gaston Paris 3 épluchant un à un tous les mots français renfermant une filiale de l'ô tonique libre latin. Reproche dangereux, car il est facile de le retourner à son adresse et de rétorquer que les sociologues entendent expliquer a priori les évolutions phonétiques par limitation, aiîn de pouvoir les assimiler aux autres phénomènes sociologiques qui ont un processus imitatif. En dépit des assimilations superficielles des sociologues, les évolutions phonétiques et sémantiques restent irréductibles les unes aux autres. La constance des lois phonétiques ne peut être expliquée par l'imitation.