‹ La philosophie du langageChapitre 61 sur 106 · Cf. p · texte numérisé non relu

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A d'autres égards, la sociologie moderne a apporté une utile contribution. Elle a montré que dans le langage, à côté des phénomènes phonétiques et psychiques, il existe une troisième catégorie, les phénomènes sociaux. M. Meillet a montré comment s'affirmait de jour en jour, dans la science du langage contemporain, la préoccupation de déterminei les causes sociales des faits linguistiques :

«Au cours du xix' siècle, et particulièrement depuis 1870 environ, on s'est surtout efforcé de suivre le développement « naturel » du langage, et la linguistique est apparue à beaucoup d'égards comme une science naturelle ; M. Bréal a été presque le seul à protester contre cette tendance exclusive. Ce qu'on a surtout mis en évidence, ce sont les innovations spontanées qui ont lieu du fait de la transmission du langage de génération en génération ; ces innovations ont lieu en général sans que les sujets en aient conscience, sans intervention de leur volonté, et même malgré leur volonté. Mais on n'explique pas par là la formation des langues communes, qui sont le produit de situations sociales données et dont on ne peut rendre compte qu'en déterminant les conditions historiques où elles se sont fixées » ^.

Certains linguistes de l'école classique ont contesté l'intérêt, moins de l'orientation que de la classification nouvelle :

« Ces prémisses une fois posées, que fait-on? demande M. Bourciez. On examine les luttes des

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