‹ La philosophie du langageChapitre 76 sur 106 · Uotice de l'Atlas linguistique de la France, p · texte numérisé non relu

Uotice de l'Atlas linguistique de la France, p

qu'il importe avant tout de se mettre en garde contre toute cause d'erreur; on risque souvent d'être trompé par les sujets qu'on observe :

« Je demandai un jour à une femme, habitant les confins du Poitou et de l'Angoumois. quel était le nom de l'animal que je lui montrais (c'était un cheval) : « C'est un chval, me répondit-elle. — Non, lui dis-je, c'est du français. — Un chvô. — Non, c'est poitevin ». N'ayant pas d'autre terme étranger à sa disposition, elle se hasarda à employer celui de sonr patois : un chvâ » ^.

On pjoute, dans le même sens, qu'aucune réponse, aucune traduction surtout, fût-elle de premier jet, n'est pas, ne peut pas être un franc parler. Il s'agit surtout de savoir, lorsque nous demandons un mot ou une locution, si nous voulons bien avoir cette locution ou ce mot, ou expérimenter la faculté de traduction chez tels ou tels individus. Quand nous demandons « allez-vous-en », nous ne pouvons nous contenter de « allons-nous-en ».

On voit la force des argumentations en présence. La possibilité des formes extorquées est, il est vrai, réduite à un minimum insignifiant pour un observateur qui connaît déjà le langage examiné et les langages voisins, qui a le sens linguistique de cet idiome. Pour ne pas tourner dans un cercle vicieux, on se contentera, au début, de l'observation passive, et, lorsqu'on aura suffisamment pénétré la langue, on pourra recourir, sans danger appréciable, à la seconde méthode.

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