‹ La philosophie du langageChapitre 82 sur 106 · Abbé RoussELOT, Les articulations irlandaises, p · texte numérisé non relu

Abbé RoussELOT, Les articulations irlandaises, p

LES MÉTHODES d'iNTERPRÉTATION 265

affaiblie; elie nous fait assister à son agonie lente jusqu'à son dernier soupir.

L'application de la phonétique expérimentale à la phonétique des langues anciennes a été faite, fort ingénieusement, il y a quelques années, par M. Rousselot qui, au cours de M. Bréal, au Collège de France, expliquait au fur et à mesure, d'après les données expérimentales, les phénomènes phonétiques des langues indo-européennes exposés par l'éminent professeur.

Un des gros problèmes de la linguistique historique, c'est la chronologie. D'abord la chronologie des langues. Le latin vulgaire et l'origine des diverses langues romanes posent un problème de ce genre. Grôber en donna le premier une solution approchée et un peu simpliste^, en partant de cette constatation que la base de la chronologie romane doit être la date de la colonisation romaine pour chaque province. Georges Mohl, dans sa remarquable Introduction à la chronologie du latin vulgaire, a montré toute la complexité de la question et a posé ainsi les principes directeurs de ces recherches 2 :

« Le latin qu'apprirent tout d'abord les Gaulois, par exemple, c'est celui qu'on parlait dans les grands centres romains du pays, àNarbonne, à Aix, à Lyon, et nullement le latin de Rome et de l'Italie en général. Celui-ci ne pénètre dans les masses de ja population indigène qu'autant que les grandes

1. Archiv. fur lat. Lex., I, 204 et suiv. Cf. aussi dans le Grundriss de Grôber I, 351-382.

Page 1