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L'ENSEIG\EME\T de la GRAJIMAIRE 317

entendus ^ On ne peut trouver, pour qualifier de tels procédés, que le mot de M. Meillet : « C'est de la démence ».

Il faut renoncer enfin aux règles inexactes qu'a établies une tradition fâcheuse, — pour avoir voulu, notamment, modeler la grammaire française sur la grammaire latine, et pour avoir pris exclusivement souci de la forme écrite. Quoi d'étonnant si, dans de telles conditions, des faits superficiellement et mal observés ont été interprétés plus inexactement encore ?

« On enseigne uniformément que le féminin se forme par Vaddition d'un e muet. Lorsque l'^enfant applique cette règle à des adjectifs, tels que mur, égal... l'enfant comprend à peu près... Mais dès qu'il écoute petit et petite, gros et grosse, grand et grande, etc., il entend au féminin des consonnes qui ne se prononçaient pas au masculin, et il se trouve en présence de ce système : en ajoutant un e muet, qui n'est rien, qui serait tout au plus une voyelle, on entend toutes les consonnes de l'alphabet! »2.

La grammaire rationnelle doit, en effet, expliquer simultanément la langue écrite et la langue parlée, et l'orthographe ne doit pas faire perdre de vue la valeur sonore et auditive des mots. Il est impossible

1. Ainsi dans la phrase « Une brise faisait frissonner les arbres au bord de la route», les cinq derniers mots sont ainsi analysés :

Pro'position incidente explicative elliptique : — Sujet : qui (sous-entendu) ; verbe : étaient (sous-entendu) ; attribut : situés (sous-entendu), complété par : au bord de la route [Courrier des examens du 15 mars 1908, p. 172). (Cf. F. Brunot. op. cit., pp. 9 et 12).

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