‹ La philosophie du siècle: criticisme-positivisme-évolutionnismeChapitre 12 sur 73 · A. Lefèvre, Renaissance du matérialisme, p · texte numérisé non relu

A. Lefèvre, Renaissance du matérialisme, p

physique sociale et donnant pour but à la science et à la philosophie Tétude expérimentale des lois qui régissent la matière. Quant aux ancêtres immédiats de Comte, il faut les chercher autant dans les rangs des matérialistes purs du siècle passé, La Mettrie, d'Holbach, etc., que dans ceux des matérialistes sensualistes, Diderot, d'Alembert, Gondorcet, Condillac ou Cabanis. Mais chez les derniers surtout on trouve des pages entières que les positivistes d'aujourd'hui ne pourraient désavouer sans se contredire formellement. « Le premier pas que nous ayons à faire, dit, par exemple, d'Âlemfaert dans le Discours préliminaire de r Encyclopédie ^ est d'examiner, qu'on me permette ce terme, la généalogie et la filiation de nos connaissances, les causes qui ont dû les faire naître, et les caractères qui les distinguent » ; — un positiviste, citant ce desideratum^ y ajoute un peu naïvement, au nom de l'école : « et les rapports qui les unissent, car, dit-il, ces rapports sont la philosophie scientiGque elle-même, que les penseurs du xvni° siècle ne connaissaient pas. »

L'affinité du positivisme avec le néo-matérialisme de nos jours est encore plus évidente. Rien d'aussi aisé, vraiment, que d'établir un parallèle étroit entre les grandes lignes de la doctrine positiviste et les idées directrices des principaux champions du matérialisme contemporain. Le philosophe Feuerbach ^ déclarant : « Dieu fut ma première pensée, la raison ma deuxième,

I. Auteur tlu livre Grunds&tz^ der Philosophie der Zukunft, paru an 1840, six ans après la terminaison du Cours de philosophie positive.

rhomme ma troisième et dernière pensée », et constatani que telle aussi dut être la marche intellectuelle de l'humanité, paraphrase simplement la célèbre loi des trois états. De même, lorsqu'il affirme que la nouvelle conception du monde fait « de Thomme, y compris la nature, base de l'homme, l'objet unique, universel et suprême de la philosophie, de sorte que l'anthropo*logie, y compris la physiologie, devient la science universelle», nous croyons entendre Comte assignant pour tâche à la raison moderne : « voir pour prévoir, chercher ce qui est pour conclure ce qui sera », et annonçant le triomphe définitif d'un monisme purement humain et sociologique. L'Allemagne nouvelle, du reste, possède un grand nombre de matérialistes et de sensualistes qui sont, au fond, de vrais positivistes. Dûhring, un dogmatiste intransigeant, accepte la réalité « sans scepticisme etratiocination » ; il croit inaugurer une ère nouvelle, il voit dans son système la base d'une rénovation sociale, il se préoccupe si peu de « l'être en soi » qu'on a pu dire qu'il niait sa réalité. Gzolbe, Tauteur d'un livre remarquable sur les limites et les origines de la connaissance humaine, et Dubois-Reymond, cet agnosticiste de marque, pensent, de façon semblable; l'historien-philosophe Twesten commente Kant dans un sens purement positiviste, et beaucoup d'autres encore argumentent selon des idées pareilles.

Les théories fondamentales du sensualisme et de l'idéalisme fournissent le second élément constitutif de la doctrine d'Auguste Comte.

Quand il reproche * aux philosophies théologique et

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