Premiers principes j p
s'épanouissent guère avant la conclusion finale où aboutit le penseur : Talliance projetée entre la foi et le savoir. La philosophie de M. Spencer et ce résultat suprême s'identifient donc absolunoient.
Si Ton se denoiande toutefois ce que valent, dans la réalité historique aussi bien que contemporaine, les deux séries de phénomènes intellectuels entre lesquels M. Spencer prétend instituer une paix durable, on voit aussitôt surgir Tantique antinomie du général et du particulier, de l'abstrait et du concret, de la philosophie et de la science. On se convainc dès lors une fois de plus de la vitalité extraordinaire qui appartient à certaines erreurs de l'esprit humain. Le philosophe anglais n'innove rien. Il suit les traces de Comte et de Kant, et, comme ceux-ci, agrandit l'ornière creusée par leurs prédécesseurs communs : à son tour, il poursuit un but qui se dérobe sans cesse devant tous les efforts accomplis pour l'atteindre.
On veut faire de la philosophie la science « centrale », le lien qui doit unir les sciences particulières, ces disjecta membra^ et leur permettre de vivre. Rien de plus louable que ce dessein. Mais encore faut-il pouvoir le réaliser à Theura présente, et non pas seulement dans un avenir éloigné et problématique. Si on ne le peut, on s'illusionnera fatalement, on se contentera d'une science unique idéale, « fruit de l'imagination individuelle, chimère, poème construit sur les données des sciences ^ ». La philosophie de l'évolution n'a jamais été autre chose.