‹ La philosophie du siècle [microform]; criticisme--positivisme--évolutionismeChapitre 16 sur 69 · LA PHILOSOPIIIK DU SIÈCLE · texte numérisé non relu

LA PHILOSOPIIIK DU SIÈCLE

LE POSITIVISME

recherches relatives à hi vie animale sur rélude de rhonime, en donnant pour raison que chez l'homme seul les phénomènes vitaux deviennent immédiate' ment inielUijihles \ Mais alors pourquoi rejeter l'aide de Tohservation interne dans l'analyse délicate des fonctions psychiques supérieures?

Dans ses idées d'ensemble, ou purement philosophiques, il encourt plus manifestement le méiue reproche. En effet, et nous ne nous lasserons pas de le répéter, par ses théories sur les limites de la connaissance, sur la réalité de Tinconnaissahle, la philosophie positive ne fait qu'emboîter le pas au sensualisme classique. Et par la prédominance accordée au point de vue humain et social dans les opinions qu'il importe de se former sur l'ensemble des choses, elle rivalise avec les systèmes les plus franchement idéalistes. Car l'idéalisme de toutes les époques enseigna toujours, lui aussi, que « l'étude de l'homme et de l'humanité constitue la principale science » , au point « que toutes les études antérieures n'ont qu'une destination simplement préliminaire » et que « l'empire de la morale doit dominer les inspirations de la science » '.

L'action du sensualisme sur l'ensemble de la pliilo-* Sophie positive se montre encore dans le rôle si caractéristique que Comte accorde au bon sens, à la sagesse

vulgaire.

Selon lui, « le véritable esprit philosophique consiste à étendre le bon sens à tous les sujets accessibles à la raison. Dans tout genre, ce sont les inspirations de la

sagesse pratique qui ont transformé les antiques habitudes spéculatives en rappelant les contemplations humaines à leur véritable destination et aux conditions de la réalité. » — « La saine philosophie, dit-il encore, combine intimement ses spéculations avec les notions populaires.... La méthode positive elle-même ne résulte que d'une heureuse extension de la sagesse vulgaire aux diverses spéculations abstraites. Ses fondements sont donc les mêmes que ceux du simple bon sens.... La philosophie positive constitue, sauf l'inégalité d(^ degré, une identité mentale qui ne permet plus à la classe spéculatrice de s'isoler de la masse des travailleurs. Chacun doit concevoir qu'il s'agit de questions semblables, relatives aux méuïes sujets, élaborées par des procédés analogues, et accessibles aux intelligences convenablement préparées, sans exiger aucune mystérieuse initiation \ »

Il serait pour le moins aussi inutile de nier la part de vérité contenue dans ces idées de Comte, que de réfuter sa conception dans son ensemble, ou de montrer qu'elle fut également celle des épicuriens et des stoïciens, et celle que Reid, Bealtie, Brown, Dugald-Stewart et toute l'école écossaise ressuscitèrent vingt siècles plus tard sous une forme particulièrement attrayante. Le bon sens considéré comme dernier refuge contre le doute systématisé et généralisé des philosophes, n'est qu'une manifestation intéressante et curieuse, à plus d'un titre, du scepticisme sensualiste \ Enfin « rincognoscible » du positivisme est vieux

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