‹ La philosophie du siècle [microform]; criticisme--positivisme--évolutionismeChapitre 33 sur 69 · IT · texte numérisé non relu

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Ainsi seulement se brisera le faisceau des antiques illusions de l'esprit humain. Rien de plus naturel et de plus logique que ce nouvel avatar, celte dernière incarnation de la pensée générale. Les systèmes modernes tirent simplement la conclusion renfermée dans les prémisses que posa la philosophie du passé. Reste à décider si ces prémisses sont vraies. INous les estimons erronées ; nous croyons qu'en transformant la science en philosophie Ton confond, en réalité, l'elTet avec sa cause.

Pour Comte, la légitimité d'une pareille opération défiait au contraire le duute. Parlant du besoin éprouvé par notre esprit d'étendre et de lier nos connaissances, il affirme que, seule, la philosophie positive atteint ce double but. Selon lui, « ces deux conditions ont été imparfaitement remplies et sont restées opposées sous l'empire de la philosophie théologique et métaphysique.... » Le lien que ces philosophies établissaient entre nos conceptions demeurait « vague et peu stable; d empêchait Textension de nos idées en expliquant d'une manière uniforme tous les cas imaginablei ». Un tel régime créait au progrès des obstacles infinis. Heureusement, il ne dominait que dans les hautes spéculations. Il laissait la science à son libre développement. Quant à la philosophie positive, elle ne saurait « mieux se caractériser que par son aptitude à concilier ces deux besoins, jusqu'alors opposés, de liaison et d'extension. Elle tire de la liaison même des connaissances le plus puissant moyen de les étendre, et, réciproquement, elle fait servir chaque extension accomplie à perfectionner la liaison antérieure en établissant l'har-

monie entre les différentes parties du système intellectuel.... La destination de cette harmonie est d'étendre les connaissances en les coordonnant ^ »

Préoccupée des contrastes qu'elle s'efforce de faire ressortir et, au besoin, de créer, cette caractéristique de l'ancienne et de la nouvelle philosophie est plus littéraire que scientifique. Comte se contredit ouvertement dans ses assertions touchant le passé de la philosophie. Rien ne paraît moins démontré, en tout cas, que l'antagonisme entre la satisfaction accordée par la métaphysique au besoin d'étendre nos connaissances et la satisfaction qu'elle pouvait donner au besoin de les unifier. Aucune philosophie ne pourra jamais concilier ces deux besoins s'ils s'excluent mutuellement. Mais, au cas contraire, la tâche d'un système recourant à l'hypothèse doit être sans comparaison plus facile que celle d'une conception répudiant ce moyen si efficace d'aplanir tous les obstacles. En réalité, l'esprit métaphysique parvenait à créer entre nos concepts un lien d'autant plus fort qu'il n'avait pas à redouter les attaques de l'expérience psychologique non encore organisée. On ne saurait espérer plus ou mieux, à cet égard, d'une philosophie réellement scientifique. Nous concédons volontiers qu'une telle synthèse puisse faire concourir chaque accroissement de nos connaissances au perfectionnement de leur liaison. Mais nous refusons d'admettre qu'elle puisse poursuivre parallèlement cet autre but : faire servir l'unité logique déjà acquise à l'extension du savoir. Ce dernier vœu que Comte

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