Premiers principes, p
phie, la première seule peut compter pour une hypothèse vraiment universelle et invérifiable. Les religions, les théologies, les métaphysiques la consacrèrent. Les deux autres appartiennent manifestement à la science exacte. La seconde, notamment, constate un fait général ou une loi psychologique qui forme la base de tout raisonnement; et la troisième se réduit à une classification psychologique élémentaire et très usuelle. La philosophie ne suppose rien, n'établit rien dans cet ordre d'idées. A l'exemple de l'école critique, le chef de l'école évolulionniste abandonne ici les véritables objets de la connaissance générale qui est cosmologique par sa nature, et s'enfonce dans les détails du savoir spécial, psychologique. Une fois de plus, et d'une façon absolument caractéristique, il confond deux espèces du même genre : la philosophie et la science *.
1. La philosophie devient chez M. Spencer, comme cela eut lieu explicitement cl^ez Kant, et implicitement chez Comte, une simple théorie de la connaissance. M. Spencer va même très loin dans cette voie. I semble croire que les concepts les plus abstraits de la psychologie tels que l'espace, le temps, la quantité, la limite, la différence, la ressemblance, le genre, l'attribut, - sont des postulats philosophiques, des hypothèses que la philosophie doit tendre a élever au rang de vérités dclinitives. Mais son irrémédiable « psychologisme » apparaît surtout dans sa croyance à la suprême généralité de la division des phénomènes en deux catégories primordiales : 1 objet et le sujet. Ce sont là, dit-il, « deux postulats philosophiques qui affirment deux classes dernières de ressemblance et de non-ressemblance dans lesquelles toutes les autres s'absorbent, loutes les manifestations de l'inconnaissable' se divisent en ces deux classes, le soi et le non-soi, c'est-à-dire la force qui se manifeste dans des formes faibles (idées conscientes) et la force qui se manifeste dans des formes vives. » {Pr. princ, p. d62.)
Les manifestations de l'inconnaissable, si inconnaissable il y a sont susceptibles de maintes divisions élémentaires au moins aussi larges et compréhensives que ceUe adoptée par M. Spencer et la majorité des métaphysiciens. On peut même, à cette fin — et on la fait souvent — choisir, pour critères, des points de vue plus généraux, des attributs plus répandus dans la nature que l'attribut
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conscience. Telles, par exemple, les catégories du repos et du mouvement (point de vue mécanique), ou celles de l'inorganique et de l'organique (point de vue bioîogique). Cette dernière classilication range tous les phénomènes appelés « sujet . ou « moi » dans la catégorie de rorganùpie, et répartit les phénomènes appelés - objet ou . non-moi » entre les deux classes de l'organique et de l'morgani(iue. 11 s'ensuit (|ue la division purement psychologique qui groupe indistinctement tous les « non-moi » en une seule classe, omet certaines de leurs ressemblances et de leurs dilTérences essentielles. On ne peut pas le nier d'ailleurs : les concepts d'organique et d'inorgani.iue qui - ont pris corps et reçu un nom propre • tout comme les concepts de sujet et d'objet, « loin de tirer leur source d'une origine impénétrable, s'expliquent par la loi fondamentale de la pensée, loi sans appel -. - •• L'intuition de ressemblance et de dilTérence - — je continue à citer textuellement M. Spencer, (p 162^ — ■< s'impose ici par sa seule persistance, elle défie le scepticisni^e, puis(|u.' sans elle le «bmte même devient impossible. -