‹ La philosophie du siècle [microform]; criticisme--positivisme--évolutionismeChapitre 45 sur 69 · E. Faguet, Dix -huitième siècle, Paris, 1890, p · texte numérisé non relu

E. Faguet, Dix -huitième siècle, Paris, 1890, p

LES CONDITIONS DE L'HYPOTHÈSE

avec raison que plus les idées nous paraissent claires, rigoureuses, simples et logiques, en un mot, rationnelles^ plus aussi elles sont humaines^ artificielles, et non pas yiaturelles^ dans le sens strict du mot. S'y attacher exclusivement, les entourer d'une sorte de respect superstitieux, c'est faire revivre, sous une forme plus noble, l'antique et grossier automorphisme *.

Je ne m'étendrai pas sur les faits bien connus qui prouvent la stérilité de la méthode hypothétique en philosophie. On essaye vainement de les interpréter dans un sens favorable aux visées ambitieuses des créateurs de systèmes. L'histoire exacte des sciences donne un démenti formel à toutes ces tentatives. Non pas que la prétention des philosophes d'avoir inspiré certaines grandes inductions scientifiques ne puisse s'admettre en fait aussi bien qu'en principe : car l'esprit du philosophe reste quand même un esprit humain, et il est notoire que les découvertes de la science se doivent imputer à l'intelligence des hommes. Mais il n'en demeure pas moins certain que la philosophie se borna à formuler d'une façon vague des questions très générales qu'elle laissa ensuite régulièrement sans réponse, et cela durant des siècles. Plus tard la science vint, à son tour, étudier ces mêmes questions, les limiter, leur

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