‹ La philosophie du siècle [microform]; criticisme--positivisme--évolutionismeChapitre 59 sur 69 · CHAPITRE' XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE' XVII

l'hégémonie dk la science

Claude Bernard chercl.e à brièvement définir le rôlede la philosophie dans l'évolulion mentale, en disant que « l'indélerniiné senl appartient à la philosophie, le déterminé tombant incessamment dans le domaine scientifique ». — A l'entendre, « les philosophes se tiennent toujours sur les questions en controverse, et dans les régions élevées, limites supérieures des sciences. Par là, ils communiquent à la pensée scientifique un mouvement qui la vivifie... '. »

Avant lui, Th. Jouiîroy ' avait déjà déclaré que la philosophie était « la science de ce qui n'a pas encore pu devenir l'objet d'une science,... le reste de la science primitive totale, la science de l'obscur, de l'indéterminé, de l'inconnu ». Pour Jouffroy, l'unité de la plii-

l Inirodm-lhn à la médecine expérimenlale, p. 381. 2'. Nouveaux mélanges philosophiques, p. 14^.

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losophie ost « une unité de couleur et de situation, et non point une unité réelle ».

Selon une dernière opinion, enfin, f( la philosophie est l'assaisonnement sans lequel tous les mets sont insipides, mais cpii, à lui seid, ne constitue pas un aliment; — ce n'est pas nier la philosophie, c'est l'ennoblir que de déclarer qu'elle n'est pas une science, mais le résultat général de toutes les sciences * ».

Ces définitions ont un grave défaut : elles ne tiennent pas suffisamment compte du point de vue historique, qui est pourlant ici de rigueur, puisqu'il s'agit d'une évolution sociale; et elles ne voient pas que, suivant un exemide resté célèbre en polilique, il eût fallu diviser le pr(d)lème en trois parties et demander ce que la philosophie a été, ce qu'elle est actuellement, et, enfin, ce qu'elle sera ou devra être un jour.

Les définitions de Jouiïroy et de Claude Bernard eussent été excellentes si elles ne se fussent appliquées qu'au passé de la philosophie, celle-ci n'ayant fourni jusqu'ici que la théorie ou la doctrine de l'indéterminé et de l'inconnu, — rien ou presque rien en comparaison du savoir positif et du sort futur qui l'attend elle-même. Et M. Renan non plus ne se fut pas trompé s'il n'eut visé que l'état actuel de la philosophie. Elle est sans doute aujourd'hui un assaisonnement plutôt qu'un aliment, l'aspect problématique des sciences, une aspiration vague à nous en donner la conclusion ou le résidtat général. Ouant à la troisième question, qui concerne son avenir, elle resta longtemps

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