SI
Si' ^««ii<«*,.«»f •»^«wapftfe'-i«i,i*i^!îw
LA SÉRIE INTELLECTUELLE
reusement remarqué dans ses essais philosophiques qu'on ne trouvait, en aucun temps, ni en aueun pays, un dieu pour la pesanteur '. » Observation à rapprocher de celte autre que Comte laisse tomber en passant et qui est grosse de conséquen<*es : « Ainsi le germe de la philosophie positive est tout aussi primilif que celui de la philosophie théologique, quoiqu'il n'ait pu se développer (pie beaucoup plus tard. Une telle notion importe à la rationalité de notre théorie sociologique. En effet, la vie humaine ne pouvant offrir aucune création, mais une simple évolulion, le développement de l'esprit positif deviendrait scienliliquement incompréhensible, si dès l'origine on n'en apercevait les premiers rudiments -. » — « C'est, dit encore Comte, rébauche des premières lois naturelles propres aux actes individuels ou sociaux, qui, fictivement transportée à tous les phénomènes du monde extérieur, a d'abord fourni le principe de la philosophie Ihéologique. » Ainsi, selon Comte lui-même, la vraie source de la théologie a été un savoir incomplet et indûment étendu du faîte encore inélevé à la base à peine établie de l'édifice scientifique.
Ailleurs aussi nous trouvons chez Comte, à côté d'une notable erreur, la reconnaisjrance formelle de la corrélation étroite qui a toujours existé entre le développement de la science et l'évolution des idées philosophiques. Selon lui, en effet, « la première apparition de la science, bien que bornée aux simples conceptions mathématiques, suffit pour déterminer une importante
réaction philosophique, favorable à la métaphysique, et opposée à la théologie. En accomplissant la destruction du polythéisme, la métaphysique s'empare, dès cette époque, de l'étude du monde extérieur '. » L'erreur — avons-nous besoin de le dire? — est contenue dans la dernière phrase, et la vérité dans celle qui précède.
Citons enfin, à l'appui des idées que nous défendons ici contre Comte lui-même et la majorité des philosophes de notre temps, cette remarque décisive du fondateur du positivisme : « Toutes les grandes modifications de Tesprit religieux ont été déterminées par le développement de l'esprit scientifique. Si l'homme n'avait pas été plus capable de comparer, d'abstraire, de généraliser et de prévoir que ne le sont les singes et les carnassiers, il aurait indéfiniment persisté dans le fétichisme plus ou moins grossier où les retient leur imparfaite organisation ; mais son intelligence est propre à apprécier la similitude des phénomènes, et à reconnaître leur succession.... Le passage du fétichisme au polythéisme constitue le premier résultat général de l'esprit d'observation et d'induction, qui s'est développé d'abord chez les hommes supérieurs, et à leur suite dans la multitude ^ »
Nous croyons avoir réuni ici avec impartialité tous les passages un peu saillants dans lesquels Comte se réfute lui-même et laisse entrevoir la possibilité d'une conception plus large et plus vraie de la marche générale du développement philosophique.
Ces contradictions, on le voit, ne sont pas nom-