Ibid., p
LA SÉRIE INTELLECTUELLE
quer ces éléments, découvrir qu'aucune civilisation n'est concevable sans quelques notions industrielles, sans quelques vagues aperçus esthétiques, sans quelques rudiments scientifiques et enfin sans quelques idées sur l'ensemble des phénomènes, si grossières qu'elles puissent nous paraître aujourd'hui, — c'est, à proprement parler, découvrir une vérilé sur laquelle tout le monde s'accorde depuis de longs siècles. Ce qui importerait davantage, et ce qui seul vaudrait aux yeux (lu sociologiste, ce serait de saisir et de préciser la direction du mouvement initial et spontané qu'impriment à tous ces éléments, d'iuie façon immédiate ou \n\v l'entremise de certains d'entre eux, les forces sociales qui les engendrent. Ce serait ensuite de déterminer la direction du mouvement ultérieur et dérivé que ces éléments se communiquent ou se transmettent l'un à Tautre; ce serait, en un mot, de spécifier leurs vrais rapports mutuels, les liens de causalité qui les imissent, Tordre d'évolution ou de filiation dans lequel ils se suivent.
Cette tache. Comte se l'impose également. Il ne se borne pas à constater la réciprocité naturelle et évidente des éléments d'une civilisation; il veut toucher le fond même de ce phénomène si curieux. Mais, précisément dans cet ordre d'idées, il accumule erreur sur erreur, et confusion sur confusion, à tel point que sa théorie de l'évolution intellectuelle de Thumanité doit aujourd'hui être rejetée en bloc.
Tout d'abord, dans ses raisonnements à ce sujet, on demeure frappé par Tétrange et inexplicable dualisme qui lui fait admettre deux ordres opposés, deux mar-