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PREMIÈRE MOITIÉ DU XIX» SIÈCLE

INTRODUCTION Chateaubriand et M'"^ de Staël (1)

i. Chateaubriand (p. 12). — 2. M'°<= de Staël (p. 22).

Deux noms se présentent tout (Vabord dans l'histoire des idées en France au xix^ siècle : Chateaubriand et M'"'' de Staël. La philosophie peut les revendiquer aussi bien que la littérature. Car, à moins de réserver le nom de philosophe aux seuls auteurs de systèmes philosophiques, ce qui serait une injustice à l'égard de nombreux penseurs, on doit le donner aussi à quiconque provoque un grand mouvement des esprits dans une direction nouvelle. M"^ de Staël et Chateaubriand sont donc des philosophes pour le xix^ siècle, au môme titre que Rousseau, Voltaire et Ravie pour le xvni% et, pour le xv!*", Montaigne et Rabelais. L'œuvre de Chateaubriand peut servir de préface aune étude sur les nouveaux docteurs catholiques, le vicomte de Ronald, le comte de

(li Sainte-Beuve, C/uiteau/jriand et son groupe littéraire sous l'Empire, cours (le 1848-49. 1 vol., 1800; E. Caro, la fin duXVllh siècle, 1880, souvenirs de Coppet. t. II. cli. iv, v et vi ; Lady Blenuerhassett, Madame de Staël et son temps (1766-1817), ;> vol., 1890, trad. A. Dietricli ; A. Sorel, Madame de Staël, 1 vol., 1890; M. de Lescure, Chateaubriand, 1 vol., 1892,

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Maistrc, l'abb»' de Lamennais; cl rd'imc de M'"" de Staël, à une étude sur les rationalisles puis connue Iloyer-Collard et Victor Cousin, et nn^nie aussi sur cet enlliousiasle de Saint- Simon avec sa double postérité, Pierre Leroux, Jean Keyiiaud, d'une paît, et, de laulre, Auguste Comte. Mais, |);nini tant d'ouvrages de Chateaubriand et de M'"*" de Staël, tous n'intéressent pas également l'histoire de la philosophie au .\ix° siècle. Les premières publications de lun, Voi/ar/p en A//ir/'ifjitP, Considérations: sur la Ib'volulion française^ se ressentent beaucoup trop de linfluence de Rousseau et n'annoncent pas encore l'éci-ivain callioli{|ue dont il jouera plus tard si briliannuent le l'ôle. Nous étudierons donc surtout celui de ses livres qui marque vraiment une date dans l'histoire des idées, le Gruir dit Christifinisnic, en 180:2. Nous n'irons pas non plus chercher M"" de Staël dans ses Lettres sur Jean- Jacques, ni dans ses essais sur Y Influence des passions, ou sur la IJttrrature, mais dans son livre de ["Allemagne, qui iir |)iil paraître (prcn IS|;{. bien (iiriiiiprimé déjà en 1810 et médité depuis 1803. et (jui, venant après le Génie du Christia/iisnie, |)eut être considéré comme la réponse de la philo- S()j)hie au catholicisme l'enaissant.

1. CuATKAiBiuAM). — Le plus beau legs du xvm'" siècle au XIX" était la doctrine du jtrogrès, dont un ouvrage posthume de Condorci't olfrait aux es|)rits le tableau grandiose. Mais, j)armi les causes de ce progrès (pion croyait indélini, aucun philosophe en ce lemps-là n aurait songé à indiquer la religion, et suitoid la religion chrétienne. Au contraire, dès l'avènement de celle-ci, le |)rogrès de la civilisation avaitparu s'arrêter ; le règne du chrislianisme au moyen âge était considéré comme iin recul \t'rs la barbarie ; et il n'avait fallu rien moins (pie la |•enai^salM•e de ranti(piiir' au xvi" siècle pour faire reprendre aii\ naiions modernes leur marche en

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