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CHAPITRE PREMIER

M. de Bonald (1) (1754-1840).

1. Philosophie lhéolo</i(jue {\>. 3P)). — 2. Législation primitive {{i. 43). — 3. Pouvoir politique et relif/ieiix (p. 50). — 4. Coitclusion (p. 53).

Outre le Gt'nic du Chrisliamsmr, en 1802, parut la Législation primitive. L'auteur, M. de Donald, écrivait que, dans son ouvrage, la vérité est « comme un roi à la tête de son armée, un jour de combat », et, dans celui de Chateaubriand, " comme une reine dans toute la pompe d'une fête au jour de son couronnement ». Mais, plus lestement, il disait entre amis : « M. de Chateaubriand a servi sa drogue avec du sucre, tandis que j'ai donné la mienne en nature. » La sincérité, en effet, caractérise tous les livres de M. de Ronald : lui-même l'ait remarquer que le dernier, en 1830, Démonstration philosophique du principe constitutif de la société., reproduit sous une forme abrégée les principes du premier. Théorie du pouvoir politique et religieux dans la société civile, en 1796;

(1) Vicomte de BoiimIiI. Œuvres co/»;j/è/es, réunies par l'abbé Mi^^'iic, 3 vol., i8")9 ; autre édition, 7 vol., 1837-1875; — Henri de Bonald, Notice sur M. le vicomte debonald, 1841 ; — Sainto-Hcuve. art. du Couslilulionnel^i'^AOÙi 1831 {Causeries du lundi, t. IV, p. 4:27) ;— Victorde Bonald, Z>p ta Vieel desécritsde M. le vicomte de Bonald, 1833; — E. Faguet, Rev. des Deux Mondes, 15 avril

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durant col inli'ivjiIlL' do lit'iitt'-qiialiv ans, l'c^crivain ne cesse di' professer les nitMiJcs dorliincs, cl riionmic aussi conserve toute sa vie, (jui l'ut longue ('quatro-vinj^l-six ans), la même fidélité i*('li<:;ieuse et înonarclii(|ut', (l('|)uis le Icmps où, jeune moiisquetaii'e au régiment de la ii-ine, il est un jour honoré d'un sourire de Marie-Antoinette encore dauphine, jus(iue sous la Restauration où, plusieurs lois élu a la Chambre des dé|)utés, il est enlin nommé par Louis XVIII i)air de France. Vieuxsi'r\ ileur de la vieille cause, Donald |)arail déjà stu'anné à Chateauhiiand en ISiO; c'est qu'il mène aussi contre tous ses adversaires une i)oléniique Apre et j"ude, qui rajjpelle les rochers de son pays natal, le Uouergue ; il va les rejoindre, " ses rochei's », le |)lus souvent (piii [x'ut, et ne se trouve vraiment heni'eux, écrit-il en ISI7, (jur dans sa triste et sauvage solitmle, le Monna, près de Millau, où il jouit des siens et de lui-même au milieu de travauv chami)étres et d honnues bons et simples. Lamennais disait de lui cette anné'e-là mt"'ni<' : « C'est un clients vigoiireiiv (pii va chrrcher sa sève à travers les rocs primitifs, jnscjue dans les entrailles de la terre, tandis ([ue Chàii-aulniand ressemble à ces arbrisscauv <(ui ont peu de racines el ne se nourrissent guère (|iie par les feuilles. -> A défaul du bd esprit, (piavaient tant aimé .Monti.'Srpiii'M ri Voltaire, el (pie ne tlédaigm'ra pas .loseph do Maislre (« L'esprit est satanicpie •, disait M. de Honald pres(pie en se signant), à «léfant du génie, (pi'aura Lamennais, il a pour lui, «lans sa lutte contre les |)hilosophes, non pas même toujours le br)n sens ni la raison, mais un raisonm-nenl l'ernie et rigoureux, loiil cnlii'r au service de l'idée chrétienne. « On rencontre cbc/ lui. dil .loubcri, de singidières consé-quences. Il st'udde (pTiiu y lundte par lUi casse-cou, et l'esprit a (pi«|qu<" chose de démis... Il se Irompe avec uii(> force! » Ce •léfeudeur de la Iradilion. «•c|)endanl. ce ■ IradilionnalislC », e doit |);is t'iif (xchi du rang îles |)liilosoplies. Il est au

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