M. DE RONALD
moyen choisi par sa sagesse et sa bonté on vue do cotte fin divine : li' lionlionr de tons les lioninies.
.Mais ce serait peu ponr un pliilosoplie d"opposer siniplonient, comme une thèse à une antitlièse, aux législations liuinainos la législation divine: s'il revient à celle-ci, c'est (jnune idée intermédiaire et dominante l'y oblige. Ici Bonald prétend battre ses adversaires avec leurs propres armes. Ils sont d'accord pour attribuer à toute loi digne de ce nom un caractère de fixité al)solne. Bonald n'a garde d'y contredire: seulement ce caractère, on le cliercberait en vain dans une œuvre sortie de la main des hommes ; il ne se trouve qu'en Dieu et dans ce qui vient de Dieu. Vous parlez de droits antérieurs et supérieurs : mais à quoi, je vous prie, sont-ils supérieurs, sinon à toutes les conventions humaines dans les différents siècles et les différents pays? Remontez-donc, sans respect humain, jusqu'à Dieu : là seulement est la source primitive et éminente ; tout le reste ne fait qu'en dériver, et ce serait une étrange illusion ou aberration d'esprit que de s'y arrêter comme à quelque chose de parfait. Pour passer naturellement de nos droits à nos devoirs, Bonald élève à l'intini l'idée de droit. Vous avez sans cesse à la bouche ce mot de droit : droits de Tbomme, droits de l'enfant, et bientôt droits de la femme. Sont-ce là cependant tous les droits, et n'en oubliez-vous pas ? Dieu existe, vous devez donc aussi parler des droits de Dieu. Et sur qui Dieu aurait-il dos droits, sinon sur toutes ses créatures et en particulier sur les hommes? 11 leur impose ses volontés, toujours raisonnables et justes, et il a pris soin de les leur faire connaître par la révélation. Ainsi de l'idée de droit, mais des droits de Dieu, se déduit, par une conséquence nécessaire , l'idée des devoirs de riiommo, c'est-à-dire toute la morale et aussi toute la législation, telle que l'entend Bonald. Voilà comment il pouvait dire, en 180-2, il devait même dire, lidèle à ses principes :
50 i.A l'iiii.iisiii'iiii; i:n ihanck
'< La Kévoliilioii a coMiiiicnct'' piir l;i (léclaralioii des Droits de rhomiiio; dh' ik' liiiira (|ti»' pai- i;i (li'claralioii des Di'oils de Dieu. .
'.i. l'itl VuIK l'OLlTIOUK ET UKLIGIKI \. — La* IIH^IMO (loclrinc SO
retniuvt', Iors([tril s'a^ril du pouvoir suprt^nie ou de la souveraineté. Dire que foru/inr de toute aouverainptâ est dans Ir pruplc est un principe aussi faux que cet autre, avec qui, d'ailN'iirs, il nost j)as sans rap|)ort : lurif/inr de toutes nos connaissances est dans nos sensations. La lliéorie <le la souveraineté |)Opulaire paraît à Bonald la néfi;alion de Tidéc même de souveraineté. A la brochure de Sieyès, en 178i) : -< Qu'est-ce que le Tiers-État ? (c'est-à-dire, pour Bonald, le sujet)? » il n-poiul liicntôt en demandant à sor» tour: " (Ju'fstce que le pouvoir et le ministère, c'est-à-diie la loyauté et la noblesse ? » mais un |)ouvoir distinct et indépendant du sujet, c't'sl-à-dire du Tiers. c"est-à-dire du peuple. Uousseau luilut-nie a recoiiiiii (|iie le siiji't et le souverain sont deux, et (pii'. dans la soiivrr.iineté populaire, les deux se trouvent conl'ondus, puisque le peuple est à la fois souverain el sujet, et qu'il exerce liu-mème le pouvoir sur lui-même. Le peuple sans dont»! est raisonnable, et le propre de la raison est de tout faire p.MirJe mieuv. La raison, cependant, pourra-t-elle se régler toute seule et se contenir? Autant croire, dit Bonald, que la dip:ue naîtra du torrent. Par un singulier renversement des r<'>les. c'est le sujet ou le gouverne'' (pu a des droits, et le goiiverneuH'iil ou le soinei'aiu i|iii a des (le\oirs. Montes- (juieii jiroposail nu renièdt' a^ce dé'sordre. par une savante «•oinbin.iison des trois pouvoirs : législatif, exécutif, judiciaire. .>Iais B(jnald raille cette j)ondération vraiment tro|) instable, qui ne pont se maintenir, de l'aveu même de son auteur, (pie |)ar un pr'odige d't'quilibre. el dont le moindre inconvénient dailleins fsl de S('par<'r. dedi^ise|• ce <pii n'est forl. et par