Voir G. Dumas : Le Sourire (Paris, Alcau
font elTort pour atteindre. Ce sont au contraire des résultantes du même genre que l'adaptation, la mutalioUy la sélection biologiques.
Oui, Tactivité psychologique se réduit toujours à des tendances. Mais, comme l'a dit Ribot, la tendance « n> rien de mystérieux 3». C'est toujours un mouvement, upe esquisse ou un i^rrét de mouvement, au fond un fait organique susoeptible d'observation et d'expérimentatiop très précises, produit par des causes efficientes assignables, obéissant enfln, comme tout le reste de la nature à la loi de causalité.
Oui, les états psychologiques ne doivent pas être étudiés à l'état statiqup : ce sopt toujours les moments arbitraireiDent découpés d'un processus fonctionnel. Mais la « fpnctioq » psychologique, pas plus que la fonction biologique, pe doit être conçue, pour être conçue cla,irement, d'une façpo finaliste. Une « fonction » n'est qu'une relation nécessaire entre deux séries de faits, l'upe déterminant l'autre, ou plutôt se déterminant Tune l'autre, sur le schéma, somme toute des fonctions mathématiques ou physico-chimiques. C'est, entre l'être considéré et son milieu, une double série de variations concomitantes, ovi la fipalilé n*a rien à voir. C'est au fond une relatiop, ou un ensemble de relations.
Et nous voici ramen(''s à toutes les copcluçions
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auxquelles nous avons déjà abouli, dans les autres domaines du savoir. La discipline expérimentale, la science nous mettent toujours en face d'un système de relations entre les faits qui nous sont plus ou moins immédiatement donnés et que nous cherchons à expliquer. Construire ce système de relations^ c'est se donner rexplication nécessaire et suffisante de ces faits. La science ps^ychologique consistera donc essentiellement à établir des relations nécessaires non seulement entre les différentes manifestations de la vie psychologique, mais encore entre celles-ci et certaines manifestations de la vie biologique, et certaines actions du milieu. Elle continuera en fm de compte le tableau de la nature commencé par les sciences qui la précèdent logiquement et chronologiquement, et expliquera les faits psychologiques en continuité avec les faits biologiques, comme ceux-ci sont expliqués en continuité avec les faits physico -chimiques, et ceux-ci encore en continuité avec lès faits mécaniques. C'est du moins un espoir que rien n'empêche actuellement de croire réalisable.
§ 7. - LE PROBLèME DE LA SURVIE.
Il ne faut pas se le dissimuler : il répugnera toujours étrangement à nos préjugés intimes et
aux sentiments du Yulgaire de considérer la psychologie comme une science de pures relations, et de la rendre ainsi analogue dans sa forme générale à toutes les autres sciences de la nature. Ceci déconcerte déjà dans les sciences biologiques. Toutes les fois qu'il s'agit de nous, — et quand il s'agit de notre vie organique, il s'agit bien déjà de nous, — nous avons d'abord l'idée que nous nous opposons au reste de la nature, que nous sommes une nature en face de Tautre et supérieure à l'autre, malgré notre petitesse relative. C'est la grande illusion du « roseau, mais du roseau pensant », chère aux amplifications de la rhétorique.
Nous avons ensuite le sentiment très vif que nous sommes ac/i/s, capables de création en somme, car si l'on analyse l'idée vulgaire d'activité, c'est bien à cela, je crois, qu'on est amené : est actif ce qui produit, ce qui cause un changement dans ce qu'on considère comme inerte. Et la cause, dans ce sens générateur, qu'est-ce, sinon une force créatrice? Aussi le rempart des métaphysiciens de la vie, comme des métaphysiciens de Tesprit, c'est que l'esprit, pas plus que la vie, ne se laisse épuiser, par l'analyse, en un enchaînement, en une implication de relations. On concédera très volontiers que la matière, la matière inerte, n'est qu'un système de relations. On refusera énergiqueraent
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de voir en un être vivant, et a fortiori en un ôlre pensant, autre chose qu'une substance active et créatrice. Il semble qu'il y ait là une question de dignité ou un point d'honneur. Et Ton sait si les illusions qui reposent sur ces sentiments sont vivaces. Voilà pourquoi l'homme s'est toujours cru et se croit encore, et se croira peut-être longtemps « un empire dans un empire ».
La science ne connaît pas les questions de valeur et de dignité, ou, si elle les connaît, elle les explique naturellement, — ainsi que le fait la sociologie, — comme la résultante d'un système particulier de relations : les relations sociales. Aussi, puisque l'expérience, toutes les fois qu'elle s'attaque fructueusement aux phénomènes de la vie ou à ceux de l'esprit, ne nous montre là que des résultantes, des conditionnés, donc, des systèmes de relations, la science trouvera au moins inutile de postuler autre chose.
La matière inerte avait été conçue, elle aussi, par tous les philosophes de l'antiquité comme le réservoir de toute énergie et de toute activité. L'hylozoïsme était la règle, chez les penseurs grecs. Et, aujourd'hui, si nous avons renoncé à ces conceptions puérilement anthropomorphiques, n'est-ce pas parce que l'activité de la matière, dont nous n'avons jamais si bien connu la puissance et l'ampleur, nous paraît parfaitement analysable ? A
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mesure que nous rapprofondissons, nous laroyons de ramener à des conditions de plus en plus lointaines et complètes, et, par suite, se réduire à un système de relations, se résoudre en relations, sans cesser d'être active.
L'antithèse de Tactivité, de la réalité inanalysables, d'une part, et de la relation, d'autre part, va en s'évanouissatit, et, pour l'esprit aussi bien que pour la matière, doit être laissée au bric-àbrac d'une métaphysique vieillie. Tout le donné n'est qu'une synlhèse^< dont la dcience poursuit l'analyse, qu'elle ramène à ses conditions, et, par suite, qu'elle décompose en relations.
Mais alors que devient l'immortalité de l'esprit, surtout son immortalité personnelle, car, depuis deux mille ans, c'est à cela que nous tenons par dessus tout. Ne pas suivre la loi des choses, ne pas suivre la loi de tous lès vivants, ne pas disparaître, ne pas s'anéantir en autre chose I Courir ce beau risque, inventé tardivement par le mauvais joueur qu'est Thomme, par de mauvais joueur qui veut gagner la belle et demande que les dés soient pipés en sa faveur !
Il est certain qu'un système de relations peut bieii difficilement paraître éternel, ou immortel. Pourtant, il n'y a rien là qui soit d'une impossibilité absolue. Improbable, oui 1 impossible, non ! Seulement, il faudrait, sur le terrain où nous soiiiï-
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mes ici placéâ, que l'expéHence détruisît Timprobabilité, ou tout au moins la transformât en probabilité.
îi faudrait qu'elle nous fît découvrir, derrière le subjectif, des conditions qui subsistassent aprèâ la disparition de Torgailisme, des relations qui le fissent dépendre, partiellement, d'autre chose que de cet organisme. C'est à Texpérience de , décider. Elle seule est capable de lever les doutes. A priori^ rien ne s'oppose à ce que certaines conditions, certaines relations soient découvertes qui entraîneraient l'indestructibilité, — au moins partielle, — d'une partie du donné, par exemple, de la conscience.
Mais, est-il besoin de le dire? l'expérience ne nous a jamais encore rien présenté de tel. Je n'ignore pas que les spiritesprétendentle contraire. Mais ce n'est qu'une prétention. Leurs èxpéiriences, — celles du moins qui ne sont paâ truquées et mensongères (né serait-ce pas la minorité?) — peuvent tout au plus induire à penser, dans l'état actuel des choses, qu'il y a certaines forces naturelles, certains mouvements mécaniques dont nous connaissons fort mal les manifestations et plus mal encore lès conditions et les lois. Il est même probable qu'elles dépendent de l'organisme humain et qu'elles relèvent simplement de l'inconscient psychologique et de l'activité biologique.
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Aussi, devant la misère des prétendHes yérificalions expérimciilales de la survie, la théorie de rimmorlalité de rame ne peut que conserver la forme que lui donnaient déjà Socrate et Platon : c'est un risque à courir, — c'est un appel à Tinconnu et un appel auquel il ne semble guère qu'il soit jamais répondu.