CONCLUSIONS GÉNÉRALES
Se (laltor d'avoir, à propos du problème de la conscience, une solution qui élude toutes les difGcultes, serait pure folie. Les difficultés sont très loin d'être écartées dans les sciences les plus parfaites et les plus anciennes. Comment voudrait-on qu'elles le fussent, à propos d'une science qui naît à peine, et dont l'objet se montre comme le plus compliqué de tous, sans mènie peut-être en excepter celui de la sociologie? Pour être impartial, il ne faut pas craindre de dire que les difficultés que Ton rencontrera ne sont même pas encore toutes devinées. Tout ce qu'on peut faire, à propos de la psychologie et du problème de la conscience, c'est de signaler dans quelle voie les discussions et les travaux les plus récents ont l'air d'engager les chercheurs. Une faudrait pas s'étonner outre mesure que, dans dix ans, la manière de
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considérer les choses soit absolument bouleversée. Que l'on songe à la physique, à Tépoque de la Renaissance, et à la biologie de la fin du xviii® siècle et des deux premiers tiers du xix* siècle. La psychologie actuelle leur ressemble beaucoup. Mais, une chose certaine et consolante, c'est que les quelques expériences dûment contrôlées, dont nous sommes redevables à la psycho-physique et surtout à la psychologie physiologique, et à la psychologie pathologique, qui en est la forme la plus féconde et, si je puis dire, la plus expérimentale, resteront quand môme, comme sont restées les expériences de Galilée ou celles de Claude Bernard, dans la- science de demain, dans la science de toujours.
Aussi, devant la misère des prétendnes vérifications expérimentales de la survie, la théorie de rimmorlalité de Tàme ne peut que conserver la forme que lui donnaient déjà Socrate et Platon : c'est un risque à courir, — c'est un appel à l'inconnu et un appel auquel il ne semble guère qu'il soit jamais répondu.