‹ La philosophie moderne [microform]Chapitre 38 sur 87 · I. OSTWAI.B -. Oj). Cil · texte numérisé non relu

I. OSTWAI.B -. Oj). Cil

LA l'iiii.osoi'HiE Moderne

Les mécanisles prétendent, au contraire, qu'il est possible d'aller [dus loin. L'énergétique reste, en quci([ue sorte, à la surface des choses, mais ses lois doivent ou se réduire à d'autres plus [)rofondes, ou les com[)léter. en tout cas, en les supposant.

L'école mécaniste comprend, comme on l'a dt^jà dit, la très grande majorité des physiciens, el surtout la plupart des expérimentateurs, à qui la physique est redevable de ses progrès les plus récents.

Ses adeptes criti<|nent «l'abord la notion d'énergie et montrent qu'on ne peut pas l'ériger, comme le font quelques-uns, en entité physique ou métaphysique.

LiMieriric d'un système siLrnide seulement la capacité de travail d'un systèino : potentielle tant qu'elle ne produit pas un travail décelable, actuelle ou cinélirpiedans le cas contraire. Par suite, l'énergie est une notion corrélative de la notion de travail, laquelle est une notion mécanique. Expérimentalement donc l'énergie ne semble |)as pouvoir se re[)réseuter sans faire appel à la mécanique et au mouvement. L'énergétique ne devrait-elle pas alors, pour donner une exjdication intelligible des phénomènes physico-chimiques, se relier à la mécanique, être établie en continuité avec elle, et, par suite, se concilier avtt' la considération des représentations mécaniques ? Les relations dont dépendent les phénomènes matériels se

LE PROBLÈME DE LA MATIÈRE

n'-duiraionl ainsi aux relalions dont dépondent les plit^nomènes de mouvement, objet propre do la . .'canique. Mécanique, physique, chimie furmelaicril un vaste système théorie; :;e. et la mécanique serait la base fondamentaK» de ce syslème, de même que le mouvement serait le fond ultime i]o^ fdiénomènes physico-chimiijr. 's.

I>ieii entendu, les mécanisles contemporains ne prélendeut plus que la mécanique actuelle, pas I.lus d'ailleurs que les lois ([ui règlent les (ransfr-malions do ^éno^L^i(^ .iJonL atteint leur forme u. linilive, la science ayant trouvé ses bases inébi-aidables. Ils ont, au contact de la critique éneri:«''li<iue, — et c'est là un des progrès dont la ['liv<iqne moderne lui est (crlainemenl redevable,— al.aiidouné le dogmalisme un peu étroit de l'ancien mécanisme et de l'ancien atomismc. Ils croient '\ue les découve! tes nouvelles doivent élargir I linri/on soiontifiquc et amener des cliangemenls incessants dans la ropréscntalion du monde maténel. X'assistons-nous pas, depuis cinquante ans, • un remaniement, presque à un bouleversement •" I-i III ■. ani.iue classique? Ce l'ut d'abord la "M-ervalion <le l'énergie (llelmholtzi et le prinif"' deCarnot qui firent éclater les vieux cadres ' ^ fdiénomènes de radio -activité ont fait entrc- ''n nous amenant à approfondir la nature

1 atome, la possibilité d'une constitution élec-

LA rniiosnpHiE moderne

trique de la matière et la nécessité de complélor les piincipes de la méraniqne classique par ceux de réleclro-magiiétisnu'.

Aussi le mécanisme tend-il mainlenantà prendre la forme <iue Ton désigne sous le nom de théorie électronique. Les électron < ^^oni les éléments derniers de toute réalité pliy.-i(iue. Simples charges électriques, ou bien modilications de Télher. symétriquement distribuées autour d'un point, ils représentent parfaitement, en vertu <los lois du champ électro-magnélique. l'inertie, propriété fondamentale do la matière. Cette dernière n'est doni qu'un système d'électrons. Selon le sens des modi fîcations de l'éther 'mo-lincations encore inconnues), les électrons sont positifs ou négatifs ; ui: atome matériel est formé de ces deux sortes d'électrons en nom!)rt; égal ou, tout au moins. po<iède des rhuucs positive et négative égales, la charge positive paraissant occuper le centre du système. Les électrons négatifs ou peut-être seulement une partie d'entre eux se meuvent autour de tout le reste, comme les planètes autour •!'! soleil. Les forces moléculaires et atomiques ne seraient que des manifestations du mouvement des électrons; de même les diiïérentes modalités de l'énergie (lumière, électricité, chaleur).

Conséquence remarquable : la notion de la conservation de la masse (ou de la quantité de

LE PROBLÈME DE LA MATIÈRE

matière) qui, avec l'inertie, était à la base de la mécanique, ne semble plus pouvoir être conservée dans la mécanique électro-magnélique : la masse pondérable ne serait constante qu'à des vitesses moyennes, inférieures à - de la vitesse de la hnnièic: mais, fonction de la vitesse, elle augmenterait avec celle-ci d'autant plus rapidement que nous nous a[»prochorions de la vitesse de la lumière. Cette hypothèse suppose donc en somme .--oit des clKirges électriques de noms différents et, l'éther, soit seulement l'éther, l'électron n'étant qu'une modification de l'éther.

Enfin, aujourd'hui, les travaux du docteurLeBon * et de certains physiciens anglais semblent nous amener à la conclusion que ni la quantité de matière, ni même la quantité d'énergie ne sont constantes. L'une et l'autre ne seraient que des relations qui dépendraient de l'état de l'éther et de son mouvement^.

1. r.isT.vvF. Le Bon : L' Erolution de la Matière. — L'Évolution des Foires. ;Flarninaii(»!i. <'!!it^ur.)

2. Il y aurait transmutation de matière en énergie et d'énernie en matière. Rion entendu, il ne faut entendre, par matière, «ine la matière pondérable, et, par énergie, que capacité de travail décelable. Si l'on entend par matière le fond inconnu des choses d'où tout sort et où tout revient, l'éther, par exempl<', ou toute autro entité primordiale, les conclusions du D"" Le Hon ne prouvent nullement qu'ils ne soient pas éternels et constants; elles n'établissent ni une création ex nihilo, ni un anéantissement absolu.

Les incertitudes sont donc très nombreuses, comme il faut s'y attendre, à mesure que l'on va plus profond dans l'explication du donné. Mais, comme toutes les incertitudes d'ordre scientifique! elles ne viennent que de notre ignorance momentanée et des insuffisances expérimentales. Il est en tout cas permis d'espérer qu'elles ne seront que temporaires. A mesure que nous approfondissons les pln'nomèno5=:. nous serrons I-i réalité de plus près. L, . xMiN résultats certains et utiles que nous ayons jamais pu oMenir, nous ne les avons obtenus que par la discipline scientifique. Tout les jours nous augmentons le nombre et la portée de ces résultats. Les mélbodes des sciences pbysico-chimiques sont par conséquent les seules ./ni puissent nous donner quelque satisfaction intellectuelle au sujet des queslioris qui relèvent de ces sciences.

Et si nous ne voyons pas encore jusqu'au fond lous les détails, au moins pouvons-nous dire que nous découvrons chaque jour un horizon j.Ius étendu.

L'ancien mécanisme, le mécanisme ontologique et métaphysique qui fut la formule de la science physique depuis la Renaissance jusqu'à la seconde moitié du xix-" siècle, et presque juscju'à son dernier quart, si l'on considère la généralité des physiciens, croyait tenir, sinon toute la vérité

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