‹ La philosophie moderne [microform]Chapitre 63 sur 87 · I.V PHILOSOPHIE MODERNE · texte numérisé non relu

I.V PHILOSOPHIE MODERNE

lions acUiclles de rexislcnce de Fespôce ou de Fiiidividn considérés? Partout ailleurs,la conscience diminue, devient la demi-conscience, la suhconscience, la conscience subliminale, et enfin, au terme, disparait ou s'absorbe dans le purement

organique.

Notre vie, pleinement consciente, n'est qu'un(^ partie 1res ro'îtroinle de l'ensemble de notre activité psycholuj^i<iuc totale. Elle est comme le centre d'une projection lumineuse autour de laquelle s'étend une région bien plus vaste de i)énoinl)n' qui rejoint peu h peu l'onibre absolue. L'ancieinio psychologie avait le Irès grand torl de ih- considérer comme activité psycholngii^ue que l'activité pleinement consciente.

Mais si l'on ne saurait exagérer l'étendue que

'inconscient occu[>e dans notre organisation, il in'

faudrait i>as comme l'a très souvent fait certaine

psychologie pra-matiste, exagérer rimporlaim'

qualitative de cvi inconscient.

D'après certains {)ragmatistes, la coii>^ i i < claire, la conscience intellectuelle et raisonnable serait la partie de notre activité la plus superlicirlle et la plus négligeable. On voit tout de suite où Ton peut en venir à l'aide de ce singulier raisonn.mcnl. Tnut ce qui est chez nous survivance dr pa-sé, sentinienl obscur ou idée traditionnelle tout ce qui a im[)rimé en nous la marque de ne-

niKélios. tout cela doit progressivement tendre à iwinluT «lafKS rinrou-ri'^nt. .\n«si. que l'on veuille nous rauieuer aux croyances de nos pères, ou que l'on veuille réveiller un vieil esprit parliculariste de rare, de caste, ou de clocher, on s'appuiera sur ce fait (jue les tendances sounles de l'inconscient, les inclinations ol)SCures du sentiment forment le fon<l et le tréfond de notre être. C'est nous déraciner, nous déshnm:i::'ser, nous châtrer qu'y résister, ou vouloir les modifier. Toutes les tendances conservât rie-s ou rétrogrades doivent donc trouver, dans l'inconscient, dans les «sources vives do rin<linct »). les meilleures raisons pour faire «l>ai»cr a l'homme la trace de ses pas», selon la forte expression de Rauh.

Si ce que nous avons dit est exact, il n'est pas ■ ' ''ontre-sens plus complet que celle interprétaiiun morale de l'inconscient. L'ifK'unscienl re()résonte, en elîet, une vie diminuée; il est, par laj»port à la conscience, ce que l'embryon est à l'adulte, la gangue au métal précieux. Il est le poids d'un passé mort et qui tend à moniir. 1.1 pourquoi rentre-t-il peu à peu dans la nuit? Parce (pie l'activité dont il est l'écho a graduellemenl perdu de son efficacité et de son utilité, comme ces organes témoins qui ne sont plus (|u'une cause de u^êne ou de maladie pour l'organisme actuel. Il est jtou 'tant des cas nombreux où l'activité inconsciente

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LA iMiiiosoiMiiE «oncnxE

LE prodi.i;me de l esprit

continue à être utile; mais alors elle est devenue et elle reste inconseienic iiarce que notre être a si bien appris à agir de la sorte, qu'y consacrer encore l'application attentive de l'énergie conscente serait peine et clTorls perdus.

Et l'on peut résumer toute la question morale de rinconseient en cetto alternative : ou bien linconscienl s'accorde avec l'orientation de notre activité conseiento, cl il agit de lui-même, esclave bien dressé de la conscience claire; - ou bien il est en désaccord avec elle, et alors il doit disparaître parce qu'il n'est qu'une survivance nuisible. Dans les deux cas, la conclusion reste la mémo. C'est la conscience claire qui a la charge, la lourde charge de nous adapter aux circonstances dans lesquelles nous sommes actuellement appelés à vivre. C'est à clic, c'est à l'intelligence, a la raison, son centre lun,ine«x, de prendre toujours la direction de notre activité.

Elle permet de modifier, selon les circon-^tnncc..

les mécanismes aveugles de lautomal.sn, même à la limite de substituer à ces mécanismes d'autres mécanismes plus utiles pour une adaptalion plus parfaite.

A travers l'évolution de notre vie psychologique, comme à travers toute l'évolution do la vie psychologique en général, on voit que l'acUvité pcisonnelle se dégage de l'activité auloma. que et i

lenfl à la subordonner à son contrôle : accentuer cette subordination, voilà l'œuvre de la vie psychologique supérieure et voilà la tâche la plus haute que l'éducation individuelle puisse se propo.^cr.

La conscience claire est, de notre être psycholoj^iiiuo, la partie la plus restreinte, mais la plus élevée; elle est, de beaucoup, ce qu'il y a en nous de [dus important, et ce qu'il y a, pour nous, de jibis intéressant. Elle est l'organe de contrôle, la tôle et le chef.

§G. - LA PSYCHOLOGIE El LA NOTION DE FINALITÉ.

Une des principales pierres d'achoppement de

ce positivisme psychologique, — car la thèse ici

po'.itenue ne tend à rien moins qu'à donner à la

>ciGnce psychologique une formule d'orientation,

vn principe régulateur, qui s'iinrinoiiiseiit avec le

positivisme et avec la discipline et l'attitude scien-

iiliques, telles que nous les avons rencontrées

-luici, — c'est l'exclusion de toute idée finaliste

11 psychologie. Or, les phénomènes psychologiques:

'•-; [ilaisir, la douleur, les émotions, les inclina-

'ions, et tous les faits alTectifs, les représenta-

'• 'Hs la connaissance et l'intelligence, enfin et sur-

i l'instinct et la volonté, paraissent essen-

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