L. Habitus signifie possession acquise (res possessa
2. Q. Unic. de Virt. in communi, art. 1 ; HI Sent., Dist. XXIIL, Q. I, art. 4; Le ITæ&, Q. XLIX per tot; Q. LV, art. 1 : In IL Efhic, lect 5.
dispose un agent à une action bonne, c’est-à-dire réglée en conformité avec sa nature, cela aussi le rend bon en soi; car qu'est-ce qu’un bon agent, si ce n’est celui qui est prêt à à l’action bonne ?
Mais la définition qui s’imposait aux écoles et que saint Thomas commente sans cesse est celle d’Augustin : La vertu est une bonne qualité de l'âme (bona qualitas ments) par laquelle on vit droit (qua recte vivitur), et quine prête qu'à un bon usage (qua nullus male utitur) !
Ce n’est pas que cette définition soit parfaite. Le mot qualité, trop général, gagnerait à être remplacé par disposition habituelle (habitus), qui est ici le genre prochain. On peut trouver aussi que le qua nullus male utitur, dont l’intention est profonde, n’est pas clair. Saint Augustin veut dire qu’il n’en est pas de la vertu comme de certaines dispositions dont l'objet, étranger par lui-même au bien ou au mal, peut laisser place à l’un ou à l’autre. Qui agit mal prouve par cela seul qu'il n’a pas fait appel, en lui, aux ressources du bien. En tout cas, s’il a employé un pouvoir soi-disant vertueux, il l’a mal orienté, et comme l’orientation de nos ressources morales concourt à leur intégration; comme la fin, même lointaine, fait partie de l’objet ver- . tueux en tant que tel, on ne peut jamais parler, en un sens rigoureux, d’un abus de la vertu. On n’abuse pas de ce qui implique par soi-même bon usage?. $
Quoi qu’il en soit, la définition d’Augustin s’imposait ; mieux valait la déclarer excellente, quitte à contribuer de son bien propre à cette excellence. C’est à quoi saint Thomas s'emploie avec zèle.
1. Saint Augustin théologien ajoutait, en vue d'appliquer sa définition aux vertus infuses : quam Deus in nobis sine nobis operatur. Cf. Ie IIæ, Q. LV, art. 4.
2. Cf. Le Il&, Q. LVI, art. #4, cum resp. ad 5 et Comment. Cajet.