le Ilæe, Q. LXIII, art
Mn © "10 spirituelle ou en matière physique, la droite raison trouve en nous une satisfaction habituelle.
Répondre à cette question serait éclaircir le mystère de l'esprit. Nous n’en pouvons parler que proportionnellement à ce que nous voyons dans le monde dela matière. Il n’y aen nous, on le sait, aucune représentation d’un phénomène spirituel pris comme tel, non pas même de nos propres états; mais seulement une représentation de nos objets, qui sont physiques. Au transphysique, fût-il même intérieur, nous n’atieignons que sous des conditions physiques (cum conversione ad phantasmata), ou par manière de postulat (ex analogia causæ), comme lorsqu'il s'agit de Dieu. En d’autres termes, il n’y a pas, pour nous, d’intuition spirituelle, même par introspection’.
3. — Dès lors, la connaissance des dispositions vertueuses, en tant qu’elles sont spirituelles, est nécessairement indirecte. Nous connaissons les vertus par leurs actes; les actes par leurs objets, en remontant, par réflexion, de la chose faite au faire ; du faire à ses conditions adéquates”. Mais à défaut d’une intuition impossible, nos propres déterminations nous demeurent mystérieuses. Nous tenons de l'expérience que l’homme moral s’habitue à certains actes ; nous nous disons que ce qui est en nous principe des actes doit être aussi le sujet des dispositions qui y portent, et instruits, par nos recherches sur l'âme, de la nature spirituelle du principe pensant et voulant, nous disons : Il y a des dispositions spirituelles.