In II Sent., Dist. XXII, Q. I, art. 2, cum resp. ad
3. I 11æ, Q. L, art. 4, cum resp. ad 4; Q. LI, art. 2, cum resp. ad 4».
NE
laisse de soi dans le patient qui se meut par ses œuvres.
Or, l’homme est à son propre égard agent et patient. S'il agissait seulement, par cette pure action le principe de l'agir ne serait pas modifié en lui; car toute modification est une passivité (omne quod movetur ab alio movetur). Mais l’action immanente, comme est l’action morale, a pour caractéristique d’être agie et reçue, à la fois, par l’agent moral. En tant que nous agissons, ilne naît pas en nous d'habitude : aussi n'en suppose-t-on point dans l’intellect actif, qui n’est le sujet de rien; mais notre action étant reçue en nous, ayant des effets en nous, sous ce rapport elle nous informe, nous pétrit en conformité avec le principe de l’action.
Que de fois nous ne pensons nettement qu'après avoir parlé ; nous ne voulons bien qu'après avoir agi; nous n’aimons qu'après avoir donné de nous-mêmes ! L'acte moral, en tant que reçu en nous, ou, s’il en sort, en tant qu’il y fait retour par une voie quelconque, crée en nous des courants nouveaux, trace des routes, aplanit des aspérités, écarte des obstacles.
Cérébralement, cela se conçoit et s’imagine. Spirituellement, cela se conçoit sans s’imaginer. Cela se déduit. Cela s’applique chaque jour en éducation, qu’il s'agisse d'éducation de soi-même ou d’autrui. Le fleuve de l’action, en passant, ramasse les ruisseaux et les mares, entraine le sol, -creuse la tranchée féconde. La route efface les sentiers et arrache les plantes envahissantes. La tendance naturelle, qui est toujours supposée au départ, forme, en rejoignant l'acte, une chaîne qui étouffe les résistances et engage l'avenir. Il naîtra
de là une nouvelle tendance quasi naturelle (per
modum naturæ) qui causera de nouveaux actes, et ainsi de suite ‘.